Carmel d’Auschwitz: Les religieuses déménagent enfin (250593)
Varsovie, 25mai(APIC) Cinq religieuses, sur les quatorze carmélites concernées, ont quitté le Carmel d’Auschwitz situé à l’extérieur de la muraille de l’ancien camp de concentration nazi et ont déménagé dans un autre
couvent situé dans le Centre international d’information, de rencontre et
de prière d’Auschwitz, a annoncé mardi le Père Marek Glownia, directeur du
nouveau Centre. Ce couvent a été inauguré lundi soir, au cours d’une cérémonie "discrète et en l’absence de public" présidée par Mgr Tadeusz Rakoczy, évêque de Bielsko-Zywiec.
Les neuf religieuses restant dans le carmel situé en bordure de l’ancien
camp de la mort, ont jusqu’à fin juin pour soit rejoindre leur nouveau
couvent à Auschwitz ou alors retourner dans leur couvent d’origine. Le retard pris par le transfert des carmélites toujours hébergées dans l’ancien
théâtre, qui fut aussi durant la guerre utilisé comme dépôt du gaz Zyklon-B
destiné aux chambres à gaz, empoisonne les relations judéo-chrétiennes depuis de nombreuses années.
Le transfert des carmélites, dont la présence en bordure du camp crée
depuis de nombreuses années de vives tensions entre les communautés juives
dans le monde et l’Eglise catholique, est déterminant aux yeux des juifs
pour la poursuite du dialogue judéo-chrétien.
Intervention décisive du pape Jean Paul II
A la mi-avril, le pape Jean Paul II avait prié les carmélites d’Auschwitz de déménager, en leur indiquant que l’Eglise souhaite qu’elles s’installent dans un autre lieu de la ville. Pour l’évêque du lieu, Mgr Tadeusz
Rakoczy, la lettre du pape était "le dernier acte décisif de l’affaire du
carmel d’Auschwitz". La publication de cette lettre intervenait à la veille
des cérémonies marquant le cinquantième anniversaire du soulèvement du
ghetto de Varsovie. Les juifs avaient menacé de boycotter les célébrations
au cas où les religieuses ne quittaient pas le carmel. Les instances officielles de la communauté juive avaient alors salué l’intervention directe
de Jean Paul II et la presse polonaise dans son ensemble avait fait valoir
qu’il s’agissait de la "meilleure solution possible". (apic/kna/be)