Carmel d’Auschwitz : Le cardinal Koenig (220889)
Francfort, 22août(APIC) Le cardinal Franz Koenig, président du mouvement
catholique international pour la paix Pax Christi, s’est prononcé pour le
déplacement du carmel d’Auschwitz et a demandé aux parties en présence sagesse et circonspection. Dans une déclaration rendue publique mardi à
Francfort, l’ancien archevêque de Vienne a demandé le respect par la partie
catholique des accords de Genève de février 1987. Le cardinal autrichien a
souligné qu’il ne faudrait pas donner l’impression que "des catholiques ne
respectent pas la parole donnée".
Lors des négociations de Genève il y a deux ans et demi, les représentants de la communauté juive et quatre cardinaux de l’Eglise catholique NNSS Decourtray, Danneels, Lustiger et Macharski - s’étaient mis d’accord
pour que le "carmel de la discorde" soit transféré dans les deux ans. La
récente décision du cardinal Macharski, archevêque de Cracovie, - sur le
territoire duquel devait s’ériger un Centre judéo-chrétien d’information,
d’éducation, de rencontres et de prières destiné notamment à accueillir les
carmélites transférées du site du camp d’Auschwitz - de surseoir à l’exécution des accords a provoqué une crise majeure dans les relations judéo-catholiques.
Pour le cardinal Koenig, les négociations de Genève engagent "toute
l’Eglise catholique et toute la communauté juive à se rencontrer avec respect et également - comme il est normal entre parents proches - à être sensible aux sentiments et aux émotions qui sont liés à certains lieux et symboles". Pour le président de Pax Christi International, il faut respecter
les sentiments de nombreux juifs pour lesquels Auschwitz doit demeurer un
lieu de deuil silencieux face à la terreur inexprimable de l’holocauste,
tout en comprenant les sentiments des catholiques polonais pour qui Auschwitz est également un symbole de la souffrance terrible subie sous la tyrannie du régime nazi.
Le cardinal a encore affirmé que ce dont on avait urgemment besoin dans
les circonstances actuelles était la sagesse et la circonspection de la
part de toutes les parties concernées, et "des paroles qui ne blessent pas,
mais qui créent des ponts". Il a encore souhaité que les juifs "ne mettent
pas en doute la pureté des motifs de l’Eglise" et a relevé qu’il n’était
pas dans l’intention des carmélites de "christianiser Auschwitz", mais seulement de faire pénitence pour les événements terribles qui s’y sont déroulés et prier pour toutes les victimes. (apic/kna/be)