Carmel d’Auschwitz: La première pierre posée samedi (241191)
Cracovie, 24novembre(APIC) La cérémonie officielle de la pose de la première pierre du nouveau carmel d’Auschwitz, destiné aux religieuses transférées du couvent en bordure du camp de concentration, a eu lieu samedi à
Auschwitz en présence du cardinal Franciszek Macharski, archevêque de Cracovie. Ce carmel fera partie d’un Centre d’information, de rencontre et de
prière qui devrait être achevé d’ici la fin 92. Une ombre au tableau de cet
important événement relevée du côté juif: l’absence du cardinal Glemp, primat de Pologne, qui s’était décommandé à la dernière minute, la non-invitation de représentants juifs et le fait que la cérémonie a été organisée un
samedi, jour de Sabbat.
Le cardinal Edward Idris Cassidy, président de la Commission pour les
rapports religieux avec le judaïsme, a souligné au cours de la cérémonie
qu’il espérait que le carmel devienne un lieu qui unisse les hommes dans
l’Europe nouvelle. Le 14 juin 1984, le gouvernement polonais donnait son
accord pour qu’une communauté de carmélites s’installe dans un bâtiment attenant à l’enceinte de l’ancien camp d’extermination nazi d’Auschwitz, près
de Cracovie. Depuis cette date, l’affaire du carmel d’Auschwitz a mis a rude épreuve les relations judéo-chrétiennes, la partie catholique étant accusée de vouloir "sanctifier une terre qui a été profanée et maudite".
Le Préposé général des Carmes déchaussés, Camilo Maccise, dans une lettre à Me Théo Klein, ancien président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) à Paris et membre de la délégation juive aux
Accords de Genève sur le carmel d’Auschwitz, exprimait en juillet dernier
son "regret pour le manque de compréhension et de respect dû à la mémoire
juive qui a pu être manifesté par des membres de la famille du Carmel".
Déclarant s’associer pleinement à ceux qui ont signé à Genève le texte
"Zakhor! Souviens-toi" le 22 juillet 1986, ainsi que l’Accord de Genève II
du 22 février 1987 (prévoyant le transfert des carmélites dans les 2 ans),
Fr. Maccise relevait que la fidélité à la mémoire des martyrs de Pologne
sous le national-socialisme ainsi que la foi catholique "n’exigent pas que
les soeurs carmélites prient sur le lieu d’extermination des martyrs".
Le non respect des Accords de Genève II avait provoqué une grande émotion dans la communauté juive partout dans le monde et la menace de la suspension de toutes les relations entre la communauté juive et le Vatican
avait été brandie en janvier 1989 par différentes organisations juives,
dont le Congrès Juif Mondial à Genève. Le cardinal Decourtray, archevêque
de Lyon et président de la délégation catholique aux Accords de Genève,
s’était beaucoup démené pour que les engagements pris alors soient effectivement respectés à Auschwitz, où les résistances étaient vives. (apic/be)