Carmel d’Auschwitz : feu vert des autorités polonaises (200188)
La situation devrait se débloquer indique le Congrès Juif Mondial à Genève
Genève, 20janvier(APIC) Le gouvernement polonais a enfin donné le feu
vert officiel pour l’érection en dehors du périmètre du camp d’Auschwitz et
de Birkenau d’un centre d’information, d’éducation, de rencontre et de
prière. Cela permet de débloquer la situation et d’envisager désormais le
transfert des carmélites d’Auschwitz vers l’un des trois endroits retenus
lors des discussions entre les représentants de l’archevêché de Cracovie et
les responsables de la voïvodie de Bielsko-Biala. Pour M. Gerhart Riegner,
co-président du Conseil directeur du Congrès Juif Mondial à Genève, qui
vient de recevoir une lettre de confirmation de Ladislaw Loranc, Ministre
polonais des Affaires religieuses, la balle est maintenant dans le camp
catholique.
Les autorités polonaises viennent donc enfin d’approuver officiellement
l’accord intervenu à Genève le 22 février 1987 entre les représentants de
l’Eglise catholique et les organisations juives visant à transférer en dehors des limites des camps d’Auschwitz-Birkenau le couvent carmélite et à
créer en dehors des camps un centre d’information, d’étude, de rencontre et
de prière. Cette lettre du ministre polonais Ladislaw Loranc fait suite à
l’entretien qu’il a eu avec M. Riegner le 10 novembre dernier à Varsovie,
dans le but de débloquer la situation. M. Riegner espère que cette décision
officielle accélérera considérablement le processus de transfert du couvent.
Mettre fin au différend judéo-chrétien
Dans sa lettre, dont une copie a été également envoyée au cardinal
Franciszek Macharski, archevêque de Cracovie, le Ministre responsable du
Département des Affaires religieuses à Varsovie "espère que la réalisation
de cette initiative mettra fin au différend entre l’Eglise catholique et
les organisations juives au sujet des lieux de culte sur le terrain des
camps d’Auschwitz-Birkenau". Ladislaw Loranc relève que "ce centre favorisera un climat de recueillement et de respect profond pour toutes les victimes de l’extermination hitlérienne et de leurs souffrances, dont le symbole restera pour toujours Auschwitz".
M. Riegner rappelle que lors de la rencontre de Genève en février 1987,
on s’était mis d’accord "qu’il n’y aura pas de lieu de culte catholique
permanent sur le territoire des camps d’Auschwitz et de Birkenau" et donné
deux ans pour transférer les religieuses hors du périmètre des camps. Elles
se trouvent toujours dans l’ancien "théâtre" du camp d’Auschwitz qui a servi d’entrepôt pour les gaz "Cyklon B" destinés aux chambres à gaz. M.
Riegner s’est rendu l’automne dernier en Pologne, à l’invitation du Club
des Intellectuels Catholiques de Cracovie. Il avait rencontré longuement le
cardinal Macharski. L’archevêque de Cracovie avait alors souligné que
l’Eglise catholique attendait une réponse du gouvernement, réponse qui
vient d’arriver. "Avec de la bonne volonté, souligne-t-on au Congrès Juif
Mondial, on pourrait résoudre le problème cette année encore". On considère
qu’un pas important vient d’être franchi, "car sans le gouvernement, rien
ne se fera". Résoudre ce problème rapidement, relève M. Riegner, n’est pas
seulement la tâche de l’Eglise polonaise, car ce projet bénéficie du soutien de nombreuses Eglises européennes. (apic/be)