Caritas Suisse soutient l’aide alimentaire au Tchad (170691)
Lucerne, 17juin(APIC) L’approvisionnement de la population s’est détériorée au Tchad comme dans tous les pays de la région du Sahel. La sécheresse
qui dure depuis trois ans en est la cause principale. La lutte contre la
faim menée par des oeuvres d’entraide a permis d’éviter le pire. Pourtant,
des mesures d’aide d’urgence s’imposent. La situation est particulièrement
précaire au nord et au nord-est du pays. La quantité d’averses que procurera la saison des pluies à venir sera déterminante. Caritas Suisse, qui concentre ses efforts sur le Tchad, entre autres, travaille en collaboration
avec d’autres oeuvres d’entraide aussi bien dans le cadre de l’aide au développement que dans celui de l’aide d’urgence et de survie.
Après plus de 10 ans de guerre, le Tchad jouit d’un calme relatif. Cependant, la situation économique du pays s’avère particulièrement précaire.
Une des causes principales de cette situation est la chute du prix du coton, le produit d’exportation le plus important de cet Etat d’Afrique centrale. Mis à part les dommages causés par les conflits militaires, le
Tchad, qui fait partie des cinq pays les plus pauvres du monde, souffre de
la sécheresse. Au cours des trois dernières années, les précipitations se
sont faites très rares. Et si durant la prochaine saison - de juin à août les pluies font défaut, il faut s’attendre à une famine aux dimensions catastrophiques.
Les symptômes de la faim
La situation est déjà très tendue. Ces dernières années, les pertes de
récoltes massives ont été nombreuses, pertes dues en grandes partie à la
sécheresse (70%), mais également aux animaux tels les sauterelles. Les
symptômes de la faim se reflètent dans tous les villages: des enfants, des
personnes âgées et des jeunes gens sous-alimentés tombent malade et meurent
en raison d’une alimentation insuffisante. A quoi il convient d’ajouter le
tarissement des puits et l’amaigrissement des animaux domestiques. Dans
certaines régions, une partie des habitants en quête de nourriture ont déjà
quitté les villages. Un sac de mil - l’aliment de base au Tchad - qui après
la récolte coûtait 25 francs, coûte actuellement entre 60 et 75 francs. La
population rurale ne possède souvent pas d’argent pour acheter les aliments
nécessaires.
Reste que le Tchad aurait déjà subi une catastrophe d’une ampleur gigantesque si, depuis la grande sécheresse de 1984/85, les oeuvres d’entraide
locales, en collaboration avec leurs organisations partenaires à l’étranger, n’avaient pas fourni une aide alimentaire efficace en rapport avec une
politique de développement. Grâce à cet engagement, le pire a pu être évité.
Une Caritas active
C’est notamment le cas de l’organisation Caritas du diocèse de N’Djamena, SECADEV (Secours catholique et développement). Une organisation fondée
en 1982, qui a surtout soutenu les victimes de la guerre et de la faim. Depuis, elle a lancé un programme à long terme dont le but principal est le
développement rural. 200’000 personnes dans 1’154 communautés villageoises
ont déjà bénéficié de ses activités. Cela correspond à environ 10% de la
population dans une région qui couvre un million de km2, c’est-à-dire deux
tiers de la superficie de l’Etat.
La palette des activités du SECADEV est très large: les communautés villageoises construisent des puits avec le soutien de spécialistes. Elles entretiennent des pépinières destinées au reboisement de la steppe dépourvue
d’arbres. Il existe des pharmacies dans les villages qui assurent le ravitaillement médical de base de la population locale. Grâce à l’initiative
des associations de parents, on a pu bâtir des écoles populaires. Les paysans s’associent et construisent des greniers sous la conduite du SECADEV.
Après la récolte, ils y déposent leurs réserves et semences. Les céréales
excédentaires peuvent être vendues en commun sur le marché local. Les bénéfices ainsi récoltés permettent ensuite de se procurer des outils agricoles, des animaux ou des aliments supplémentaires.
Selon Pierre Faure, directeur du SECADEV, tous ces efforts soutiennent
la lutte contre la faim: "Nous nous efforçons de promouvoir la production
par le biais du commerce. La faim ne réusulte pas en premier lieu du manque
d’aliments, mais plutôt du manque d’argent. Les gens n’ont pas les moyens
de s’acheter des aliments. En stimulant le commerce local, nous renforçons
le pouvoir d’achat".
Le programme d’aide d’urgence est lancé
Les résultats de l’aide alimentaire sont incontestables et visibles, même si les réserves s’épuisent suite aux pertes de récoltes de ces trois
dernières années. Les couches de la population les plus touchées sont celles qui ne disposent pas de revenus: les enfants, les malades et les personnes âgées. Le SECADEV et Caritas Suisse ont lancé un programme d’aide
d’urgence visant à les soutenir. Les responsables et les paysans espèrent
cependant que cette année sera riche en pluie. (apic/car/pr)