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    Caritas Suisse dénonce les dangers du petit crédit (220792)

    "Du rêve au cauchemar"

    Lucerne, 22juillet(APIC) Sous le titre "Du rêve au cauchemar", Caritas

    Suisse vient de publier en français les résultats d’une étude sur le surendettement qui avait suscité une vive polémique Outre-Sarine lors de sa présentation à la télévision alémanique, en mars dernier. Davantage qu’un

    constat alarmant, ce document se veut une contribution en vue du débat concernant le projet de loi fédérale sur le crédit à la consommation, actuellement en cours d’élaboration à Berne.

    Que disent les auteurs de l’étude, qui ont analysé 321 cas de surendettement? Notamment que 70% des Suisses qui n’arrivent pas à rembourser leurs

    dettes exercent une activité professionnelle à plein temps. Mais qu’ils

    touchent un salaire plutôt modeste: seul un sur quatre gagne plus de 4’000

    francs par mois, alors que près de la moitié des surendettés survit au-dessous du minimum vital.

    Autres chiffres révélateurs, les fonctionnaires et cadres représentent

    un petit 5% de l’échantillonnage analysé. Ouvriers non qualifiés, employés

    dans le commerce ou la restauration, la plupart des personnes prises au

    piège de l’argent facile ont un faible niveau de formation, souligne le document de Caritas. D’où la critique contre la publicité, qui a sans doute

    influencé bon nombre d’entre elles.

    Dans une société où il est plus aisé de posséder le superflu que de s’en

    priver, les établissements de crédit ont en effet beau jeu d’inciter le

    consommateur démuni et frustré à franchir le pas qui sépare le rêve de la

    réalité.

    Un petit crédit, c’est si facile

    L’étude met également en lumière une certaine complaisance dans l’octroi

    de crédits à la consommation. Beaucoup d’emprunteurs surendettés n’auraient

    sans doute pas obtenu de prêt si leur solvabilité avait été soigneusement

    examinée. Sinon comment expliquer que le quart des surendettés sont dépendants de drogues dures (16%) ou de l’alcool (10%), et que dans certains

    cas, la même personne ait obtenu jusqu’à six petits crédits?

    Caritas Suisse note par ailleurs que les banques ont durci leurs méthodes de recouvrement. Politique qui se traduit par l’augmentation des procédures de poursuite, de saisie et de faillite privée. Or si les banques encaissent, c’est l’Etat qui paye les pots cassés; l’étude montre que 5% des

    contribuables surendettés doivent en moyenne 8’624 francs au fisc.

    Quant aux services sociaux, ils sont de plus en plus sollicités par les

    victimes du petit crédit, qui ont vu leur rêve tourner au cauchemar.

    Protéger les démunis

    Un Etat qui se dit social doit protéger une minorité défavorisée et toujours plus nombreuse, conclut Caritas. Raison pour laquelle l’oeuvre d’entraide catholique formule un catalogue de propositions en vue de combler le

    vide législatif en matière de crédit à la consommation. Il s’agit principalement de limiter la publicité, d’abaisser le plafond du taux d’intérêt de

    18% à 15%, de raccourcir à 24 mois la durée maximum des contrats et de garantir au débiteur un délai de résiliation de sept jours.

    Caritas espère ainsi contribuer à la discussion à venir, lorsque le projet de loi concocté par les experts fédéraux sera soumis à consultation.

    (apic/com/pr)

    "Du rêve au cauchemar - L’endettement privé en Suisse", 102 pages, 12

    francs, disponible auprès du Département Communication de Caritas Suisse,

    Lucerne, (tél: 041/52 22 22).

    Centre catholique des médias Cath-Info

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