Caritas Suisse dénonce la fermeture d’une mission au Brésil (061087)
Lucerne, 6octobre(APIC) Caritas Suisse a lancé mardi un appel pour la
réouverture de la mission de Catrimani, dans l’Etat fédéral de Roraima,
dans le nord de l’Amazonie brésilienne. Selon des informations récentes de
Mgr Aldo Mongiano, éveque de Roraima, la police fédérale brésilienne a ordonné - après des incidents sanglants entre des Indiens Yanomani et des
chercheurs d’or - la fermeture de cette station missionnaire qui travaillait auprès des populations indigènes, menacées dans leur existence par la
pénétration de colons et de chercheurs d’or dans leurs territoires ancestraux.
Dirigée par les missionnaires italiens de l’ "Instituto Missioni Consolata", la mission de Catrimani reçoit une aide financière de Caritas Suisse
pour un projet de santé auprès de la population locale. Avec la fermeture
de cette mission, de nombreux Indiens Yanomani sont laissés sans défense
face à une dangereuse épidémie de malaria et d’autres maladies introduites
dans la foret vierge par les colons.
Le projet "Calha Norte" : une menace de mort contre les Yanomani
Les 23’000 Yanomani d’Amazonie sont le dernier peuple indigène de quelque importance qui vit encore plus ou moins à l’écart de la "civilisation"
dans la foret vierge. Mais la construction de routes et l’exploitation des
matières premières (or, bois, etc.) - qui favorisent notamment la pénétration de maladies contre lesquelles les indiens ne sont pas immunisés - menacent l’existence meme de ces tribus. Les missionnaires de Catrimani sont
parmi les seuls qui se soient engagés de façon déterminée pour la protection de leur existence physique et culturelle.
Mais les missionnaires italiens n’ont pas seulement protesté contre
l’irruption illégale de chercheurs d’or dans les réserves indiennes d’Amazonie., ils ont également dénoncé - ce qui n’est pas apprécié des autorités
- le gigantesque projet de développement frontalier de "Calha Norte", qui
prévoit l’installation de garnisons militaires sur les frontières avec le
Surinam, la Colombie et le Vénézuela ainsi que la création d’installations
minières et d’agglomérations.
Dans une lettre adressée au gouvernement brésilien, l’éveque de Roraima
et le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI) de la Conférence nationale
des éveques du Brésil (CNBB) demandent la réouverture de la mission de
Catrimani. Caritas Suisse - qui finance l’assistance sanitaire indispensable à la survie de la population indigène - s’est jointe mardi à cet appel. (apic/be)