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    Sauver l’espoir malgré la tragédie

    Caritas reste au Rwanda (100594)

    Bruxelles, 10mai(APIC) Les massacres d’ordre ethnique, politique et social au Rwanda ont déjà coûté la vie à près de 200.000 personnes et ont provoqué l’exode de centaines de milliers de Hutus et de Tutsis. Désormais,

    beaucoup sont menacés par la famine et les épidémies. au Rwanda mais aussi

    au Burundi. Un important programme d’aide humanitaire est lancé par Caritas

    pour quatre diocèses rwandais. Il devrait toucher 150’000 personnes déplacées.

    Caritas Internationalis, dont Caritas Belgique est l’intermédiaire au

    Rwanda et au Burundi, a lancé pour trois mois un important programme d’aide

    en faveur de 150’000 personnes, soit 20’000 familles des diocèses rwandais

    de Butare, Kabgayi, Gikongoro et Kigali. Ce programme, dont le montant est

    évalué à 1,635 million de dollars, comprend essentiellement du matériel

    pour les abris, des denrées alimentaires, des produits hygiéniques, des

    jerrycans et des casseroles, ainsi que du bois de chauffage.

    Des milliers de familles continuent en effet à fuir les combats, sous la

    poussée du Front Patriotique qui progresse vers le sud. Des camps ont été

    aménagés ça et là pour les accueillir. Mais dans quelles conditions? JeanPaul Evrard, un des dirigeants de Caritas Internationalis, est rentré du

    Rwanda il y a quelques jours: "Actuellement, par exemple, 3’000 personnes

    sont entassées dans le Foyer paroissial St-André de Kabgayi, tandis que

    8’000 autres personnes, rassemblées dans une cour rendue boueuse par la

    permanence des pluies, attendent toujours un abri. Les pluies aggravent

    évidemment la situation sanitaire et hygiénique."

    "Heureusement, ajoute cet observateur français, le remarquable travail

    accompli depuis quelques années par la Caritas rwandaise a porté des

    fruits. Les silos aménagés par des paroisses pour conserver les récoles ont

    permis, par exemple, de mettre immédiatement des tonnes de haricots à disposition."

    Les responsables de Caritas ne sont pas en mesure, en l’état actuel des

    choses, de préciser qui contrôle quoi au Rwanda. Le partenaire de Caritas

    sur place n’est ni l’armée rwandaise, ni le Front Patriotique, mais Caritas

    Rwanda, dont plusieurs collaborateurs ont d’ailleurs perdu la vie dans les

    massacres de ces dernières semaines. Sur place, Caritas coopère en outre,

    tout comme au Burundi, avec d’autres organisations non gouvernementales.

    Caritas s’efforce de n’être dépendante d’aucune force politique et pour

    rester sur un terrain humanitaire où chacun, quel qu’il soit, a droit au

    secours d’urgence, commentent les responsables. Les militaires de l’armée

    comme les soldats du Front Patriotique ont pu faciliter jusqu’ici l’acheminement de certains secours. Caritas confirme en outre que des milices extrémistes hutues, qui échappent à tout contrôle, continuent de répandre la

    terreur dans le pays, où elles ont déjà commis d’innombrables massacres.

    "Cependant, la population rwandaise, ce n’est pas que des bouches à

    nourrir, souligne J.-P. Evrard. Nous voulons avant tout rendre à chacun sa

    dignité humaine. Les Rwandais eux-mêmes s’y emploient. On voit, dans des

    conditions épouvantables, l’entraide et la solidarité se développer entre

    personnes de toutes catégories, paysans, intellectuels, commerçants. Pour

    eux comme pour nous, c’est déjà un espoir qui renaît."

    Hubert De Maere, collaborateur de Caritas Belgique, est rentré du Burundi dans la soirée du 8 mai. "Actuellement, observe-t-il, il est presque impossible de faire un travail efficace dans plusieurs régions du Rwanda,

    dont les routes et les accès aux villes sont bloqués par des barrages. Au

    Burundi, la situation reste calme, mais est très tendue. Le nord du pays

    voit arriver des milliers de réfugiés rwandais, hutus et tutsis. Cet afflux

    comporte un danger: il risque d’accroître la tension entre les ethnies, les

    ressources pour venir en aide à un aussi grand nombre de personnes n’étant

    pas suffisantes."

    "Le défi posé à l’aide d’urgence est d’autant plus important qu’un demimillion de Burundais ont déjà besoin d’être aidés en permanence. Vont sans

    doute s’y ajouter prochainement les 70’000 Burundais qui ont cherché refuge

    dans des camps au sud du Rwanda, mais que la poussée du Front Patriotique

    Rwandais poussera à rentrer dans leur pays."

    Les moyens disponibles sur place sont limités. Il n’est plus possible de

    compter sur les ressources alimentaires des pays voisins. D’autre part,

    nombre des réfugiés ou personnes déplacées au Burundi s’installent malheureusement sur des terres arables.

    Au Burundi

    Un effort d’aide important a déjà été consenti lors du putsch du mois

    d’octobre au Burundi, qui a provoqué le déplacement de 272’000 personnes.

    L’insuffisance des circuits d’alimentation dans le pays a nécessité une

    prise en charge permanente d’environ 25’000 personnes souffrant de malnutrition, soit 10 % de la population concernée. Depuis décembre 1993, Caritas s’est occupée de programmes de lutte contre la famine. Bien qu’on ne

    puisse prédire à ce jour ce que seront les récoltes dans un ou deux mois,

    on les craint plutôt maigres parce qu’elles ont souffert de la sécheresse

    puis du pillage des réfugiés. Au Burundi, plus de 520’000 personnes sont

    aujourd’hui directement menacées par la famine, et 1,2 million d’autres

    personnes sont en sursis.

    Caritas s’est aussi engagée dans des projets de réhabilitation sociale:

    accompagnement des orphelins et des veuves, aide à la reconstruction des

    maisons, démarrage de programmes socio-éducatifs devant toucher 50.000 élèves, dont 3.500 dans le secondaire. (apic/cip/mp)

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