A la recherche d’un avenir
Lucerne, 13décembre(APIC) Lors de la conférence des Nations Unies sur les
réfugiés indochinois, tenue à Genève en juin dernier, un plan d’action visant à enrayer l’augmentation incessante de la migration des réfugiés vietnamiens par la mer avait été adopté. Les Etats participants s’étaient engagés à soulager les Etats voisin du Vietnam du poids que représente le problème des réfugiés. La Suisse, pour sa part, avait accepté de prendre un
contingent de 300 réfugiés. Une délégation mixte de représentants de la
Confédération et des oeuvres d’entraide (Croix-Rouge et Caritas) est récemment rentrée de Malaisie après avoir procédé au choix de 140 réfugiés qui
seront accueillis en Suisse. Norbert Kieliger, responsable de l’aide aux
réfugiés chez Caritas témoigne de l’expérience qu’il a vécue.
En tant que membre de la délégation mixte suisse, Norbert Kieliger a séjourné pendant trois semaines et demies dans deux camps de réfugiés malaisiens. Un de ceux-ci se trouve à proximité de Kuala Lumpur, la capitale,
l’autre est situé dans le sud-est du pays, sur la petite île de Pulau Bidong. 14’000 réfugiés vietnamiens sont aujourd’hui entassés sur cette île
d’un kilomètre carré, surveillée de près par la police de sécurité nationale. Le Haut Commissariat pour les Réfugiés de l’ONU s’occupe de leur ravitaillement. Les réfugiés sont complètement isolés, même les membres de
leurs familles ne peuvent pas pénétrer sur l’île.
Pays de premier asile débordés
Ainsi que l’explique Norbert Kieliger, chaque réfugié dispose tout juste
d’un mètre carré pour vivre: "Jusqu’à 200 personnes sont logées dans des
maisons étroites à deux étages mesurant 25 mètres de long". Malgré les efforts du commissariat pour les réfugiés, les conditions d’hygiène sont également très préoccupantes. On estime qu’il y a environ un million de rats
sur l’île. Pendant le seul mois de septembre, on en aurait tué plus de
60’000.
Le cas des réfugiés du camp de Pulau Bidong n’est cependant pas unique.
Les Etats voisins du Vietnam sont submergés par le flot de réfugiés indochinois. Et pendant les dix dernières années, en tant que premier pays
d’asile, ils ont accueilli des centaines de milliers de personnes. Les décisions prises à la conférence de Genève devraient désormais les soulager
de ce poids. Selon M. Kieliger, "il s’agit simplement de soulager les pays
du poids de l’afflux de réfugiés alors qu’ils sont eux-mêmes démunis".
Quels critères de choix?
Quels ont été les critères de choix de la délégation mixte? Sur demande
de la Confédération, le Commissariat pour les réfugiés avait procédé à un
premier choix de 400 réfugiés. Se fondant sur des discussions et une documentation détaillée, la délégation en a choisi 140 qui seraient aurorisés à
entrer en Suisse. Il s’agissait tout d’abord de familles ou de handicapés
pouvant bénéficier de soins médicaux en Suisse, ainsi que de réfugiés qui
vivaient dans ce centre d’accueil depuis plusieurs années. La délégation a
en outre accordé un importance particulière aux Vietnamiens qui avaient de
la famille en Suisse. La délégation s’est certes basée sur des considérations d’ordre social, mais son choix s’est également fondé sur les chances
d’intégration des personnes concernées.
Un choix difficile, commente M. Kieliger: "Nous étions constamment confrontés à des personnes qui avaient traversé des souffrances inimaginables.
Dans de telles circonstances, il était très pénible de prendre un décision
dans un délai relativement court".
Même si la Croix-Rouge suisse, Caritas Suisse et la Confédération portent la responsabilité de cette action "Contingent de réfugiés", celle-ci
est menée par l’ensemble des oeuvres d’entraide qui s’occupent des réfugiés. Après leur entrée en Suisse, ces derniers sont placés dans deux centres d’accueil pendant 3 à 4 mois. Ils y suivent notamment des cours de
langue et se préparent aux conditions de vie de leur pays d’accueil. Les
réfugiés sont ensuite répartis dans différentes régions en fonction de
leurs connaissances linguistiques ou en tenant compte des membres de leur
famille déjà installés. (apic/car/pr)