Lucerne, 25juillet(APIC/Wolfgang Schardt) Quinze ans après la fondation
du premier "Fairness-shop" par Caritas, le système de ces magasins a fait
ses preuves et continuent sur la bonne voie. Le chiffre d’affaire réalisé
l’an dernier a atteint un record: plus de deux millions de francs. Il
existe en Suisse 18 magasins "Fairness-shop" qui vendent leurs produits à
quelque 140 autres points de vente. Mais les cartels sont de puissants concurrents pour ce genre de magasins. Les cartels achètent et revendent les
produits du Tiers-Monde à des prix beaucoup plus avantageux que les magasins de Caritas. Il s’avère dès lors nécessaire pour les collaborateurs de
Caritas d’améliorer leurs prestations, en restreignant la vente à des produits bien déterminés.
Il y a quinze ans, Caritas ouvrait à Lucerne le premier "Fairness-shop"
pour y vendre des produits du Tiers Monde. Depuis, 17 autres magasins du
genre se sont dispersés en Suisse. Le but de ce commerce est d’acheter à un
prix juste les produits des artisans des pays en voie de développement. De
plus, les "Fairness-shop" de Caritas prélèvent une taxe sur les produits
vendus, qui sert à constituer un capital qui est ensuite envoyé aux producteurs des pays du Tiers-Monde. Sur place, cet argent donne la possibilité
de donner aux enfants et aux jeunes une meilleure formation, il permet de
stimuler la production et de financer l’achat d’outils ou des projets divers. A cet effet, 900’000 francs ont été envoyés l’an dernier aux fournisseurs de Caritas.
Les principaux fournisseurs de Caritas sont des coopératives de production en Inde, Thaïlande, Indonésie et au Kenya, en plus de 30 autres
pays. La vente des produits du Tiers-Monde par les magasins "Fairness-shop"
est fortement concurrencée par les cartels dont les offres sont très bon
marché. "Les grandes maisons de vente revendent en partie les produits endessous du prix payé", déplore Monika Hagen, responsable du projet des
"Fairness-shop".
En tête de la liste des produits offerts, on trouve les articles de
décoration artisanaux. Viennent ensuite les textiles, les bijoux et les articles en osier et enfin les articles de jeux. Selon Monika Hagen, l’information des clients sur les produits devrait être améliorée à l’avenir.
Alors que dans le plus grand magasin "Fairness-shop" de Lucerne ce sont
les articles les moins chers qui remportent le plus grand succès, à Genève
ce sont surtout les articles les plus coûteux qui sont vendus à une
clientèle internationale. Selon le chiffre d’affaire, les magasins de Lausanne remportent la troisième place alors que Zurich se classe quatrième.
Les magasins de Caritas vendent en plus beaucoup de leurs articles à quelque 140 "magasins du Monde" répartis en Suisse.
Selon Monika Hagen, le chiffre d’affaire sera sans doute stagnant dans
les années à venir après la croissance enregistrée ces dernières années.
"Le marché est saturé" dit-elle avant de conclure: "Avant tout Caritas
devra choisir l’artisanat, la qualité et les vendeurs afin de promouvoir
des produits typiques et de soutenir les artisans indépendamment des tendances de la mode". (apic/ws/bcy).