Fribourg, 9septembre(APIC) "la mort fait partie de toute existence. Personne ne devrait se trouver seul face à la mort, à moins qu’il ne l’exige
expressément". C’est une telle affirmation qui sert de préambule à la nouvelle brochure de Caritas intitulée "jusqu’a la mort, accompagner la vie".
En effet l’organisation catholique caritative de Lucerne va à contre - courant de notre société ou la mort est devenue tabou, entourée d’un silence
dont souffre aussi bien celui qui s’en va que celui qui reste. Caritas proclame , comme de nombreuses personnes sensibilisées par le sujet depuis une
dizaine d’années, qu’il est temps de parler de la mort, afin de la
réintégrer dans notre vie quotidienne, et d’en faire un dernier acte de
vie, dans la paix et dans la tendresse.
Mais ce travail de sensibilisation, d’engagement en faveur des personnes
en fin de vie à leur domicile ou le plus souvent dans les hopitaux, entrepris par Caritas au niveau suisse ne peut etre vraiment efficace que par
l’activité des Caritas régionales. Seul ces dernières peuvent arriver à un
réel changement face à la mort et à l’accompagnement des mourants. C’est
ainsi que Caritas-Fribourg a organisée cinq soirées d’information publique
au Schoenberg d’avril à juin 87. Celles-ci ont réuni plus de 200 participants à chaque séance. Médecins, aumoniers, infirmiers (ières) d’hopital ou
à domicile, bénévoles, familles ont livré leurs témoignages et leurs réflexions sur la question.
Les besoins du mourant et de sa famille, les cinq étapes du mourir,
l’attitude à adopter face à la personne en fin de vie, les conditions d’un
accompagnement à domicile, le role des bénévoles, la nécessité d’une formation, tels sont les thèmes contenus dans cette brochure de cinquante pages.
La révolte est légitime et nécessité de respecter la foi du mourant
Le témoignage du Dr. Yves Nemitz, nous apprend que l’attitude adoptée
par le médecin face à sa propre mort détermine son attitude devant la mort
de son malade. En effet "seul celui qui accepte sa propre détresse sans
prendre peur peut alors comprendre la peur et la détresse de ses
semblables". Le médecin n’est pas confronté à la mort mais à un patient
soit en fin de vie, soit en état de suicide, soit à un cancéreux ou fait
plus nouveau à une personne contaminée par le virus du SIDA. La franchise
face à la maladie et la nécessité d’avouer ses limites médicales sont un
des points relevés par les médecins.
L’abbé Defferard, aumonier de l’hopital cantonal de Fribourg, a pour sa
part insisité sur les différents types de souffrance . Il serait faux de
considérer la souffrance comme une punition de Dieu. Face à un mourant, il
est nécessaire de connaitre les réations que ce dernier peut avoir face à
cette réalité, qui serait selon l’abbé Defferard souhaitable d’éviter:
- acceptation des "insondables desseins de Dieu"
- l’héroisme dans la souffrance (comportement qui craque assez vite,
puisque l’on n’est pas fait pour souffrir)
- la révolte (cette réaction est cependant plus "normale" que les autres,
puisque l’on n’est fait pour la vie, pas pour etre "par terre". Il ne
faut jamais s’étonner de la révolte d’un malade, mais l’accepter et
l’accueilllir
- la résignation négative, s’apparentant au fatalisme.
Le mourant doit arriver à l’acceptation positive, de l’offrande de sa
souffrance. Ceci découle du fait de donner un sens à la souffrance sans renoncer à lutter pour la vie. Mais en cela, il doit pouvoir compter sur
l’aumonier qui aura face à la foi de son malade une attitude de respect indispensable.
Les cinq phases du mourir
Pour bien accompagner une personne en fin de vie, il est tout autant
nécessaire pour soi que pour le mourant de connaitre les différentes phases
du mourir. La première phase consiste en la prise de conscience du malade
qu’il a une maladie grave, c’est la phase de la négation. la deuxième consiste en une révolte qui peut conduire le patient à une agressivité. Puis
vient ensuite l’étape du marchandage caractérisé par "si je guéris". La
phase dépressive illustre l’étape suivante qui se manifeste par la perte de
ses forces et une préparation face à la perte des personnes aimées. Enfin,
le malade parviend à l’ultime étape caractérisée par "l’acceptation et la
détente, but souhaitable entre tous", précise la brochure de Caritas citant
la doctoresse "E. Kübler-Ross". (apic/cr)