Caritas Europe et les évêques : quitter les sentiers battus (200390)
Fribourg, 20mars(APIC) Les évêques européens et les responsables de Caritas Europe ont lancé un appel afin que l’Europe ne devienne pas "inaccessible" aux réfugiés. Tandis qu’en Europe de l’Est les murs tombent, "à
l’Ouest se fait sentir la tendance à élever de nouveaux murs et à s’enfermer dans sa forteresse de bien-être", pouvait-on lire dans le message final
du Congrès européen de Caritas sur les réfugiés qui s’est tenu à Strasbourg
ces jours-ci.
Caritas Europe a souligné que l’attitude de l’Eglise face aux réfugiés
est profondément marquée par le désir de répondre aux "besoins des êtres
humains qui sont à la recherche d’un refuge". Pour l’Eglise, la motivation
de "s’engager sans compromis en faveur des étrangers qui ont besoin de
notre protection" se trouve dans le commandement biblique de l’hospitalité
envers les étrangers et dans le fait que Jésus a clairement pris parti pour
ceux qu’on prive de leurs droits et qui sont sans abri. Différentes institutions et associations des Eglises catholiques d’Europe offriront par conséquent leur soutien aux réquerants d’asile et s’engageront "au niveau de
l’opinion publique en faveur de leur accueil et afin que leur soit assurés
un logement, l’entretien de base et le libre exercice de leur religion".
Caritas Europe souligne que les nécessités demandent pour l’heure non
pas une politique plus restrictive en matière de réfugiés, mais l’établissement de nouveaux critères concernant l’accueil des réfugiés. Selon Caritas, ces critères doivent tenir compte aussi bien des besoins des réfugiés
que de ceux de la société qui les accueille. En outre, seules une politique
de paix conséquente et une politique économique plus juste permettront
d’éliminer les causes de l’afflux des réfugiés et rendront possible le retour dans leur pays d’origine. A cet effet, il est indispensable de mobiliser toutes les forces politiques et les moyens nécessaires et de faire
preuve de flexibilité politique.
Le bien public implique le bien des autres peuples
Les responsables de Caritas constatent que la guerre, la violence, l’oppression, la violation des droits de l’homme, la persécution politique et
religieuse, ainsi que la situation économique et écologique dans les pays
pauvres sont les principales causes de l’exode de millions de refugiés,
dont une petite partie seulement arrive en Europe. Nombreux sont les Européens qui se sentent désécurisés par ce phénomène et réagissent de façon
défensive. "Nous voudrions rappeler à l’opinion publique que le bien public
implique aussi le bien des membres d’autres cultures et nationalités", affirme le communiqué final. Caritas Europe représente 21 organisations nationales et elle avait été chargée par les Conférences des évêques de la
Communauté européenne (COMECE) de réaliser le Congrès sur les réfugiés.
(apic/com/ak)