Rome, 20février(APIC/CIP) Le pape Jean Paul II a adressé aux catholiques
un pressant appel en faveur des réfugiés dans son traditionnel message de
carême publié mardi à Rome. "Cherchez tous les moyens susceptibles de venir
en aide à nos frères réfugiés, ménagez-leur un accueil qui favorise leur
insertion dans la société, manifestez à leur égard une généreuse ouverture
d’esprit et une chaleureuse cordialité", déclare en effet le pape.
L’afflux important et croissant des expatriés et des réfugiés constitue
dans le monde où nous vivons, écrit le pape, une réalité douloureuse qui
n’est plus limitée à certaines régions, mais s’étend désormais à tous les
continents. Face à l’ampleur et à la gravité du problème, qui concerne "des
enfants, des femmes, des veuves, des familles souvent séparées, des jeunes
frustrés dans leurs aspirations, des adultes arrachés à leur profession,
privés de tous leurs biens matériels, de leur maison, de leur patrie", Jean
Paul II rappelle aux fidèles ces paroles du Christ, proposées dans une page
de l’évangile le lundi de la première semaine de carême: "J’étais un étranger et vous m’avez accueilli... J’étais un étranger et vous ne m’avez pas
accueilli".
Ces paroles du Christ, enchaîne le pape dans son message, "doivent nous
conduire à un sérieux examen de conscience à propos de notre attitude envers les exilés et les réfugiés. Tous les jours, en effet, nous pouvons les
rencontrer dans nos paroisses, dans nos quartiers. Ils sont vraiment devenus notre prochain le plus proche. Ils ont besoin de charité, de justice
et de solidarité de la part de tous les chrétiens".
Respecter les droits de l’homme
Le pape se réjouit du travail "intense déjà réalisé" par les organismes
internationaux, des organisations catholiques et des mouvements d’autres
orientations. Il les encourage à avoir une attention toujours plus vive,
car l’effort est loin d’être suffisant. Et de remarquer que "tandis que le
nombre des réfugiés s’accroît sans cesse, les possibilités d’accueil et
d’assistance se révèlent souvent inadéquates".
C’est le respect des droits de l’homme, universellement reconnus, qui
est en cause ici. Jean Paul II demande que soient garantis aux réfugiés
tous les droits sanctionnés depuis 1951 par la Convention des Nations Unies
concernant leur statut, confirmée par le protocole de 1967: "Le droit, précise-t-il, d’avoir un emploi stable, décent et équitablement rémunéré, de
vivre dans des habitations convenables, de faire bénéficier leurs enfants
petits et grands d’une éducation appropriée, ainsi que de l’assistance sanitaire nécessaire".
Le pape signale un engagement prioritaire, celui "de promouvoir, d’animer et de soutenir par notre témoignage les courants d’authentique charité,
afin que pénètre dans tous les pays le souci de la formation de l’enfance
et de la jeunesse au respect réciproque, à la tolérance, à l’esprit de service, et cela à tous les niveaux, à celui des personnes comme à celui des
pouvoirs publics". (apic/jt/pr)