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    Le cardinal Kurt Koch avec le métropolite Hilarion Alfeyev, du Patriarcat de Moscou, en 2011 ,à l'Université de Fribourg © Jacques Berset

    Cardinal Koch: la guerre en Ukraine, ombre sur le dialogue œcuménique

    Si le dialogue entre l’Église catholique et la plupart des Églises orthodoxes reste inchangé depuis le début de la guerre en Ukraine, le climat s’est par contre lourdement assombri entre Rome et Moscou. Le cardinal Koch, préfet du Dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens, a utilisé le terme «d’hérésie» pour qualifier les paroles du patriarche de Moscou légitimant la guerre en Ukraine.

    Dans un entretien accordé à Vatican News, le cardinal Kurt Koch, préfet du Dicastère pour la promotion de l'unité des chrétiens, déplore au plus haut point que le patriarche de l’Église orthodoxe russe ait non seulement légitimé, mais aussi béni la guerre en Ukraine, avec des motifs métaphysiques et religieux.

    Le fait que le patriarche Cyrille de Moscou ait justifié une guerre a été, pour le cardinal Koch, «une surprise». «La pensée en arrière-plan selon laquelle la Russie a une mission particulière de défense des valeurs chrétiennes contre l'Occident décadent n'était pas nouvelle pour moi, je l'ai toujours entendue. Mais que cela aille tout de suite aussi loin pour justifier une guerre, je ne m'y attendais pas», a déclaré le cardinal suisse.

    Important de poursuivre le dialogue

    Le cardinal Kurt Koch souligne, dans une interview à Radio Vatican en allemand, qu’il est important de poursuivre le dialogue, «seul moyen» de discuter de ces questions cruciales. Elles rendent très difficile pour le moment la poursuite du dialogue œcuménique avec les orthodoxes russes depuis l’éclatement de la guerre.

    «Il est très difficile de continuer ce dialogue pendant la guerre, car les positions sont extrêmement différentes. Le Saint-Père a déclaré plusieurs fois combien la guerre est terrible et absurde. D’autre part, le patriarche de l’Église orthodoxe russe a non seulement légitimé, mais aussi béni cette horrible guerre en Ukraine, avec des motifs métaphysiques et religieux. Nous espérons que la guerre se termine, et ensuite, nous discuterons fermement avec les orthodoxes russes de ce sujet».

    Ayant utilisé, dans une interview accordée à des médias allemands, le terme «d’hérésie» pour qualifier les paroles du patriarche de Moscou, le cardinal Koch reconnaît que c’est là un terme difficile.

    La légitimation religieuse de la guerre est une «hérésie»

    «Je l'ai cité dans une interview parce qu'il était présent dans la question. La question portait sur l'unité des Russes et des Ukrainiens avec le baptême [du grand-prince Vladimir en l'an 988] à Kiev et si, en conséquence, le baptême était constitutif de la nation. Ainsi, la position du patriarche de Moscou pourrait être considérée comme une hérésie, s'opposant au baptême originel. J'ai répondu non à cette question, on ne peut pas le dire comme ça. Si c'est hérétique, il faudrait alors qualifier d'hérésie la légitimation religieuse de la guerre, car cela contredit nos convictions fondamentales».

    Des actions de défense peuvent être légitimes, pas une guerre d’agression

    «Pour nous, chrétiens, il est absolument évident qu’une guerre n’est pas la solution. Au contraire, elle aggrave les problèmes existants. C’est pourquoi une guerre d’agression ne peut pas être légitimée. Seules des actions de défense, selon certaines circonstances, peuvent être légitimes».

    Condamnation de toute forme de guerre

    Le 30 juin, une délégation orthodoxe du Patriarcat œcuménique de Constantinople a été reçue par le pape. Le cardinal Koch relève qu’il y avait une belle harmonie entre le discours, la lettre du pape et celle du patriarche œcuménique Bartholomée. Dans sa lettre, le patriarche œcuménique est revenu sur le Concile de Crète, concile panorthodoxe en juin 2016, où toute forme de guerre a été condamnée.

    Il est impossible de recourir à des motifs religieux pour justifier la guerre, répète le cardinal Koch. Dans son discours du jeudi 30 juin 2022 à une délégation du Patriarcat œcuménique de Constantinople, le pape a aussi rappelé que les conquêtes armées n’avaient rien à voir avec le Royaume de Dieu.

    Le Conseil œcuménique des Églises (COE) à Genève a souhaité suspendre les orthodoxes russes du Conseil, tout comme les protestants suisses, qui ont souhaité cette exclusion. La direction a décidé de ne pas accepter cette démarche, dans la conviction que même si les positions sont diamétralement opposées - celle du Patriarcat de Moscou et celle du COE -, il ne faut pas rompre le dialogue, mais continuer à dialoguer sur ces problèmes très difficiles. (cath.ch/radvat/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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