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    Caracas : séminaire sur la théologie de la libération (160288)

    "Le Christ n’était pas un agitateur politique"

    Caracas, 16février(APIC) Le séminaire international consacré à la

    théologie de la libération et qui réunit pendant trois jours des

    spécialistes d’Europe et d’Amérique latine - dont bon nombre de personnes

    hostiles à cette conception théologique - a poursuivi ses travaux autour de

    deux exposés : l’un du Père dominicain Georges Cottier, sur "liberté et

    libération" et l’autre du Père Miguel Antonio Barriola, exégète uruguayen,

    sur "amour et conflit".

    Le Père Cottier, professeur de philosophie à Fribourg, en Suisse, s’est

    dit frappé "par un contraste pathétique chez les théologiens de la libération, entre d’une part, un sens indéniable de la misère des masses et de

    l’offense à la vie que constitue cette misère, et, d’autre part, une réflexion sur le mal et le péché, en définitive plate et réductrice", si bien

    qu’il estime que "l’amoralisme révolutionnaire n’aboutira jamais à la liberté, faute d’une réflexion sur l’éthique des moyens qui devrait faire

    partie de la théologie de la libération".

    S’interrogeant sur le fait que ces théologiens parlent davantage de

    lutte pour la libération que de conquête de la liberté, il répond:"ce n’est

    pas un hasard. La raison en est qu’on a accepté sans critique préalable un

    certain nombre de thèses marxistes".

    De son côté, le Père Barriola s’est attaché à montrer que la principale

    erreur des théologiens de la libération portait sur la personne même du

    Christ, telle qu’elle est présentée, par exemple chez Segundo : "pouvonsnous, honnêtement, considérer le Christ comme un conseiller politique des

    Pharisiens, se demande- t-il, leur donnant des arguments et leur proposant

    une stratégie de lutte contre les Sadducéens collaborationnistes ? "Est-il

    possible de découvrir dans la prédication de Jésus les propos d’un

    agitateur syndical en train de "conscientiser" les Publicains afin de les

    soulever contre les Scribes et les Pharisiens? A-t-il jamais usé de son

    influence sur les masses pour les embrigader dans des mouvements

    subversifs?

    Mais c’est aussi à une "fausse conception du mot pauvre" que le Père

    Barrila s’en est pris : "Jésus, a-t-il dit, en annonçant qu’il venait

    chercher ce qui était perdu, a pensé d’abord au désarroi spirituel des

    pécheurs plus qu’a l’angoisse des opprimés. Le concept "belliqueux"du mot

    pauvre est une simplification". Les participants du séminaire ont pu

    visionner un film du journaliste français Jacques Bonomo sur la "théologie

    de la libération" tourné dans les maquis d’Amérique latine et aux

    Philippines ou il a interrogé sur leurs motivations plusieurs prêtres

    guerrileros. (apic/bou/be)

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