Prague saluent "l’attitude réaliste" du Vatican
Prague, 13novembre(APIC) La canonisation dimanche 12 novembre par le pape
Jean Paul II d’Agnès de Bohème (en compagnie d’un autre slave, le Polonais
Adam Chmielovski), a été salué par "Rude Pravo" dans son édition de lundi.
L’organe du parti communiste tchécoslovaque relève que cette canonisation
montre "un développement positif dans l’attitude du Vatican à l’égard de la
Tchécoslovaquie". De l’avis de "Rude Pravo", le Vatican serait actuellement
"plus réaliste qu’auparavant dans son évaluation du développement historique".
L’organe du PC tchécoslovaque cite dans son article le ministre des cultes tchécoslovaques Milan Kymlicka, qui estime que la canonisation d’Agnès
de Bohème crée de bonnes conditions pour la nouvelle ronde de négociations
entre le Saint-Siège et la Tchécoslovaquie qui commencent lundi. La
décision du pape de canoniser la fille du roi Ottokar Ier, fondatrice à
Prague du couvent de clarisses qui porte son nom, a été saluée positivement
également par les citoyens non catholiques, relève encore le quotidien
communiste. De nombreuses personnes y ont en effet vu un hommage à
l’histoire tchèque.
La cérémonie, qui s’est déroulée en la basilique St Pierre en présence
notamment de quelque 8’000 pèlerins venus de Tchécoslovaquie en compagnie
du cardinal Tomasek, archevêque de Prague (il est âgé de 90 ans), a été retransmise en direct par la télévision d’Etat tchécoslovaque. C’est la première fois que, à travers une liaison satellite via la Pologne, la télévision d’Etat transmettrait une cérémonie papale. Les commentateurs de l’événement étaient des Tchécoslovaques. Selon les estimations, le nombre de visas accordés à des pèlerins par les autorités de Tchécoslovaquie, est sans
doute le plus important jamais délivré jusqu’à présent. Côté officiel,
trois secrétaires d’Etat et le ministre des cultes tchécoslovaques Milan
Kymlicka, avaient fait le déplacement à Rome.
Agnès de Bohème (1205-1282) était la fille du roi Premysl Ottokar Ier et
de la reine Constance. Promise dès l’enfance au futur Henri VII, avec lequel elle va rompre ses fiancailles, Agnès de Bohème est séduite par l’idéal de vie de Saint François et Sainte Claire d’Assise. Elle fonde un ordre
religieux dédié à la Croix. Et après avoir créé un hôpital, elle fait construire un monastère pour les "Pauvres Soeurs", dont elle deviendra
l’abbesse en 1234. Sainte Agnès est honorée en Tchécoslovaquie en raison de
sa grande piété et de son engagement en faveur des pauvres. (apic/kna/be)