Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Cannes: 20e anniversaire du Jury oecuménique du Festival (230594)

    Hommage à Henri Agel autour du thème "cinéma et spiritualité"

    Yvan Stern pour l’Agence APIC

    Cannes, 23mai(APIC) Hommage à Henri et Geneviève Hagel et table-ronde sur

    le thème "ciméma et spiritualité" ont marqué au Festival de Cannes le 20e

    anniversaire du Jury oecuménique. Henri Agel, aujourd’hui âgé de 83 ans, a

    reçu des mains des responsables de l’Office catholique international du Cinéma (OCIC) et d’Interfilm, Robert Mohlant et Maurice Terrail le même prix

    que le jury oecuménique a décerné à Cannes depuis 20 ans. Ce geste se voulait un signe de reconnaissance pour l’apport unique du professeur français

    à une meilleure connaissance du cinéma. Henri et Geneviève Agel qui ont

    également été reçus par le président du Festival M. Viot, ont participé en

    outre en compagnie du réalisteur polonais Zanussi à une table-ronde présidée par Noël Copin, rédacteur en chef de "La Croix".

    Henri Agel, "l’homme qui a introduit la connaissance du Cinéma dans

    l’Education nationale" est connu dans le monde francophone pour ses quelque

    trente ouvrages traitant du cinéma. C’est en 1938 qu’il introduisit un

    cours d’initiation au cinéma dans un lycée de Toulouse puis au collège

    Voltaire à Paris. Parmi ses élèves: Roland Joffe, Claude Miller, Alain

    Corneau, Yves Boisset, Alain Cavalier, Jacques Dollion... Dès les années 50

    Henri et Geneviève Agel organisent des journées d’études et des séminaires

    en France et en Suisse "2’000 peut-être 3’000".

    Titulaire de la première chaire universitaire de cinéma à Montpellier,

    Henri Agel est, avec l’aide de sa femme, un auteur prolixe. Plusieurs de

    ses ouvrages traîtent du thème de la spiritualité au cinéma comme "Le

    cinéma a-t-il une âme?" "Le cinéma et le sacré" ou "Les visages du Christ à

    l’écran". "Au début, rappelle Henri Agel, les gens de cinéma me

    m’estimaient pas parce que j’étais catholique et les gens d’Eglise

    trouvaient que c’était très risqué de s’occuper de cinéma". Son approche

    pédagogique et ses talents d’animateur suffirent cependant bientôt à le

    faire apprécier. L’apprentissage de la lecture d’un film ne signifie pas

    imposer son point de vue. "L’exégèse cinématographique doit être faite par

    tous et non pas par un seul", répète-t-il.

    L’amour des choses invisibles

    Outre le couple Agel, la table-ronde animée par Noël Copin réunissait le

    réalisateur polonasi Krzyzstof Zanussi, Matthias Loretan, responsable du

    Bureau catholique du film à Zurich et Mme Morch, pasteure danoise. Un nombreux public - ce qui n’est pas souvent le cas à Cannes pour les colloques

    - a suivi la discussion. Pour Henri Agel, un film est un itinéraire poétique qu’il définit comme "du caché qui s’ajoute et du profond qui se déploie" pour reprendre une phrase de Montherlant. L’image cinématographique

    qui représente, mais surtout qui exprime des réalités même cachées, doit se

    comprendre dans un partage, donc dans un groupe. "Quand on est ensemble et

    qu’on partage, on vit ce que saint Paul appelle l’agapé". Par le visible,

    nous pouvons arriver à l’amour des choses invisibles. C’est le résumé de

    toute démarche cinématographique.

    Krzyzstof Zanussi a signalé que recevoir un prix oecuménique, à l’époque

    des régimes communistes, était considéré comme une preuve de subversion occidentale. C’est pourtant à l’Est que l’on trouve selon lui l’expression la

    plus sophistiquée de la spiritualité au cinéma: Andrei Tarkovski (Andrei

    Roublov, Stalker, le Sacrifice...) Depuis, dans la Pologne devenue capitaliste, la question a changé: "Une relfexion spirituelle, est-ce que cela se

    vend?" La demande du marché étant minime, la réponse est vite trouvée. Mais

    notre humanité pourra-t-elle survivre sans se poser les questions fondamentales, trop souvent absentes de notre société de consommation, interroge le

    cinéaste? Et de rompre une lance contre les séries télévisées importées de

    pays qui ont crée la ’culture de masse’ et où il n’y a aucun espace pour la

    dimension métaphysique.

    Toute oeuvre traitant de spiritualité est marginale. Dans le chaos d’un

    monde qui cherche son équilibre, les réalisateurs et les artistes peinent à

    trouver un langage capable de faire passer le message. Passe encore de se

    poser quelques questions essentielles, comme le font les films de Kieslowski, mais pas question de proposer un message éthique clair: le producteur dira non. (apic/ys/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus