Fribourg, 20novembre(APIC) Le sida est devenu un véritable enjeu dans
notre société. Et ce n’est pas le recours à l’utilisation des préservatifs
qui va résoudre le problème. Quant au cancer, 1 malade sur 2 n’est plus
guérissable, car le patient arrive trop tard chez le médecin. Ces constats,
le Dr Henri Joyeux, cancérologue, chirurgien et professeur à la Faculté de
médecine de Montpellier, n’a pas manqué de les faire à l’occasion de sa
conférence donnée vendredi soir à l’Université de Fribourg sur le thème
"Prévention du cancer et du sida, pour une écologie sexuelle". Il était
l’invité de l’Association "Oui à la Vie".
Il y a une vingtaine d’années, le cancer du sein était observé à partir
d’un âge plus ou moins avancé de la personne, environ à 60 ans. Aujourd’hui, de plus en plus de femmes entre 20 et 30 ans se voient affectées
de cette maladie, constate le Dr Joyeux. Pour ce dernier, "si nous avons
les éléments pour dire que Dieu n’a pas fabriqué le cancer, cela ne veut
pas dire que celui qui en est atteint est responsable". La population est
mal informée et la société plus que jamais sécréte le cancer: le tabagisme
et la pollution, la surnutrition voire une mauvaise alimentation sont parmi
les facteurs qui en sont les causes, explique-t-il en lançant un avertissement: "Il est certain que le cancer du sein est en train de devenir un
fléau social en Europe de l’Ouest".
La pilule contraceptive? Elle n’est pas étrangère à ce phénomène en raison d’un mauvaise information mais aussi d’une réelle incompétence de certains centres de planning familial qui commettent de graves erreurs en
prônant l’usage de la pilule à partir de 14 ou 15 ans. La pilule, dit le Dr
Joyeux, d’accord, mais après la naissance du premier enfant et pas davantage que pour une période de deux ans. Reste, affirme-t-il, qu’aux Etats-Unis
la vente de la pilule est en chute et que d’ici l’an 2000, la révolution
contraceptive aura trouvé sa croissance: "On s’achemine vers une écologie
sexuelle".
De la même manière que la société sécréte le cancer, les comportements
de cette dernière mènent au sida. Un comportement là également incohérant
qu’il est nécessaire de comprendre pour mieux essayer de prévenir ce fléau.
"A 15 ans, un enfant doit tout savoir sur la sexualité". Pour le Dr Joyeux,
il convient de leur parler franchement au sujet de ce que représente cet
aspect de la vie. "Nous vivons dans un monde d’obscession sexuelle, et pour
éviter que nos enfants en subissent les conséquences, il faut en discuter
avec eux", assure le Dr Joyeux qui s’apprête à créer en France l’"Ecole de
la vie et de l’Amour". Et si le recours aux préservatifs est une solution
pour certains dans le cadre de la prévention du sida, admet-il, il ne saurait en être une pour la société. (apic/pr)