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    Boycotter les festivités du 500e anniversaire de l’évangélisation

    Canberra: VIIe Assemblée générale du COE (210291)

    Canberra, 21février(APIC) Considérant que 1992 marquera 500 ans de génocide et d’oppression des peuples d’Amérique latine, l’Assemblée du Conseil

    oecuménique des Eglises (COE) - 826 délégués protestants, anglicans et orthodoxes des 317 Eglises membres - réunie à Canberra (Australie) a appelé

    mardi dans le document final toutes les Eglises à boycotter les célébrations du 500e anniversaire de l’évangélisation de l’Amérique en 1992. Elle

    demande également des mécanismes économiques plus justes à l’échelle mondiale et un contrôle relevant de l’ONU et de la Cour internationale de

    justice de La Haye. Elle exige en outre la cessation immédiate des hostilités dans le Golfe et le retrait de l’Irak du Koweït.

    Alors que les gouvernements de l’Espagne, de plusieurs pays d’Amérique

    latine et le Vatican s’apprêtent à célébrer avec faste l’anniversaire de la

    "découverte" de Christophe Colomb, le COE affirme que "le 12 octobre 1492 a

    marqué le début de 500 ans de génocide, d’oppression raciale et de destruction de l’environnement dans les Amériques (...), ainsi que le début de la

    traite des esclaves". Il invite toutes les Eglise, "y compris l’Eglise

    catholique romaine, à la confession et au repentir pour avoir asservi et

    exploité les peuples autochtones" et à défendre les droits des aborigènes.

    Les délégués réunis à Canberra jugent inacceptable que les mécanismes

    économiques créés par les Accords de Bretton Woods à la fin de la seconde

    guerre mondiale - Fonds monétaire international (FMI), Accord général sur

    les tarifs douaniers et le commerce (GATT) - "n’aient de comptes à rendre à

    aucune autorité internationale représentative de toutes les nations". C’est

    pourquoi ils préconisent un système plus juste et un contrôle "relevant de

    la juridiction des Nations Unies et de la Cour internationale de justice".

    Ils stigmatisent le caractère "immoral et illégitime" de la dette extérieure des pays du tiers monde.

    Rappelant qu’à Amsterdam, en 1948, l’Assemblée avait déclaré la guerre

    contraire à la volonté de Dieu, les délégués réunis à Canberra proposent de

    supprimer les bases militaires à l’étranger et de réduire et d’éliminer dès

    que possible les armes nucléaires. Ils rappellent que les Eglises doivent

    s’engager aux côtés des victimes de l’oppression et de tous ceux qui cherchent à promouvoir un règlement négocié des conflits, notamment de celui du

    Golfe.

    Les délégués se sont penchés sur l’Afrique du Sud, l’Arménie et les Pays

    baltes. Dans la résolution sur l’Afrique du Sud, adoptée mercredi, ils réaffirment la nécessité de maintenir des sanctions contre ce pays "jusqu’à

    ce que toutes les lois sur l’apartheid aient été abrogées". Dans la résolution sur "les Etats baltes et autres régions de tension en Union Soviétique", ils réitérent leur "soutien aux processus pacifiques qui oeuvrent en

    faveur de la démocratie, de l’autodétermination et d’un développement indépendant dans les Etats baltes".

    L’avenir: poursuivre le processus conciliaire

    L’Assemblée a adopté les lignes directrices des programmes d’activité du

    COE pour les sept années à venir. Le COE continuera à oeuvrer dans le sens

    du processus conciliaire "Justice, paix, sauvegarde de la Création" afin

    d’aider les Eglises à comprendre toujours plus leur tâche dans le monde. Il

    analysera de manière plus attentive et plus approfondie les causes premières et les structures institutionnelles de l’injustice. Il veillera à le

    faire dans un esprit de promotion du dialogue avec les autres religions.

    L’Assemblée se prononce pour la défense des plus faibles, en particulier

    les aborigènes australiens et les femmes, exhortant les Eglises à combattre

    toutes les formes de violence à leur égard. Elle réclame pour les femmes la

    création de ministères spéciaux et affirme que leur participation aux ministères ordonnés devrait demeurer à l’ordre du jour oecuménique. Les délégués réunis à Canberra invitent enfin le COE à "étudier les diverses formes

    et expressions de la spiritualité oecuménique et à envisager la mise sur

    pied d’un colloque mondial". (apic/com/cor)

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