Canberra: VIIe Assemblée générale du COE (110291)
Canberra, 11février(APIC) Les délégués des 311 Eglises membres du COE
réunis dans la ville australienne de Canberra jusqu’au 20 février ont nettement condamné la guerre du Golfe. Plusieurs représentants américains ont
vivement critiqué ce conflit et la manière d’agir des forces alliées. Les
Eglises des Etats-Unis, a affirmé Mgr Edmond Lee Browning, évêque de
l’Eglise épiscopale, continuent d’exiger un cessez-le-feu immédiat, puis
l’ouverture de négociations en vue d’une solution pacifique au MoyenOrient.
Pour Mgr Lee Browning, la guerre du Golfe est "sans proportion avec
l’occupation du Koweït" et elle est plus nuisible qu’utile. L’évêque s’est
refusé à parler de "guerre juste", accusant les Etats-Unis de pratiquer une
"morale double" dans leur politique étrangère.
Seules les causes économiques et politiques sont déterminantes dans la
guerre du Golfe, la discussion "pour savoir s’il s’agit d’une guerre juste
ou d’une guerre sainte" est fausse, a relevé Mgr Aram Keshishian, archevêque apostolique arménien résidant au Liban. Il a accusé les alliés de se
battre pour le pétrole et la destruction de l’Irak. Il a reproché aux Américains de se présenter comme "la police du monde".
Plus de 30 évêques protestants, orthodoxes et catholiques ont lancé un
appel pour que l’asile soit accordé aux objecteurs de conscience. Le Conseil national des Eglises des Etats-Unis a fait une déclaration dans laquelle il affirme que "nos Eglises doivent être des lieux de refuge au milieu de la ’tempête du désert’". Les délégués présents à Canberra ont également appelé à la solidarité avec les populations du Proche-Orient victimes de la guerre, déclarant qu’une victoire des troupes alliées, loin d’en
être une, sera "une grande tragédie humaine d’une ampleur encore inconnue".
A l’ouverture de l’Assemblée déjà, une déclaration du Comité exécutif l’instance dirigeante du COE - demandait un cessez-le-feu immédiat, le retrait de l’Irak du Koweït et des négociations de paix réunissant toutes les
parties au conflit. "Il faut tout faire pour mettre un terme à la spirale
de la mort et de la violence", affirmait le Comité. Le secrétaire général
du COE, le pasteur Emilio Castro, a même proposé que le COE et le Vatican
convoquent une Conférence internationale de paix à laquelle participeraient
des représentants de l’islam et du judaïsme.
Le pasteur anglican de Nouvelle-Zélande Paul Reeves a déclaré lors de la
célébration d’ouverture que la guerre du Golfe est l’expression des "quatre
grands principes mauvais" qui gouvernent le monde: l’injustice économique,
les inégalités sociales, la destruction de l’environnement et la militarisation croissante. (apic/kpr/cor)