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    Trois décennies d’isolement

    Canberra: Les protestants de Chine redeviennent membres du COE (180291)

    Canberra, 18février(APIC) Le Conseil Chrétien de Chine (CCC) - une organisation reconnue par le gouvernement de Pékin et qui rassemble quelque 5

    millions de protestants chinois de diverses dénominations - a été reçu à

    l’unanimité lundi comme 317e membre du Conseil oecuménique des Eglises

    (COE) lors de la VIIe assemblée générale du COE qui siège du 7 au 20 février à Canberra, en Australie. Les chrétiens chinois n’étaient plus membres du COE depuis les années 1950, après que le COE eût critiqué l’engagement chinois aux côtés des Nord-Coréens lors de la guerre de Corée.

    Notons que parmi les Eglises qui participèrent à la fondation du COE en

    1948 à Amsterdam, on comptait quatre Eglises chinoises. L’un des 7 premiers

    co-présidents du COE, le pasteur anglican Chao Tzu Ch’en, était chinois.

    Après les critiques du COE contre l’engagement de la Chine dans la guerre

    de Corée, le pasteur Chao démissionna et les relations entre les Eglises

    protestantes chinoises et le COE furent totalement interrompues pendant

    trois décennies. Plusieurs années après la fin de la Révolution culturelle,

    les premières délégations chrétiennes purent enfin sortir du pays.

    Les Eglises membres du COE - qui rassemble désormais 317 Eglises protestantes, orthodoxes et anglicanes - ont applaudi ce retour des chinois au

    sein de l’organisation mondiale dont le siège est à Genève. L’évêque luthérien allemand Heinz Joachim Held (Hanovre), président du Comité central du

    COE, a qualifié cette adhésion d’"événement significatif" et de "grand moment" dans l’histoire du COE. L’évêque K. H. Ting, de Nankin, président du

    Mouvement Patriotique des Trois Autonomies (fondé en 1954) et du Conseil

    Chrétien de Chine (CCC, fondé en 1980), a remercié l’assemblée générale

    pour sa décision et rappelé que les chrétiens chinois avaient fait de

    grands efforts ces quatre dernières décennies pour développer leur identité

    et qu’ils avaient par là gagné le droit d’être écoutés également dans leur

    propre pays.

    Les chrétiens de Chine - (ce mot est employé en Chine pour désigner les

    chrétiens non catholiques reconnus par le gouvernement) - sont entrés depuis quelques années dans ce qu’ils nomment "l’ère postdénominationnelle"

    dans le but de créer "l’Eglise unie du Christ en Chine". Cette nouvelle

    Eglise veut regrouper en son sein anglicans, évangéliques, réformés, méthodistes, baptistes, luthériens, presbytériens, adventistes, etc., tout en

    préservant une partie de leur héritage passé. Il s’agit pour le Conseil

    Chrétien de Chine de sortir des différentes "dénominations" héritées des

    nombreuses missions étrangères qui avaient évangélisé la Chine à l’époque

    "coloniale". Quelques sectes d’origine nord-américaine, une certain nombre

    d’"Eglises domestiques" et l’Eglise d’origine chinoise dite du "Petit Troupeau" refusent d’en faire partie. (apic/com/be)

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