Canada : message épiscopal sur le sida (280489)
Ottawa, 28avril(APIC/CIP) "Le défi du SIDA doit être traité comme tout
autre défi. La panique ne doit pas empêcher d’agir, ni même imposer des solutions qui iraient à l’encontre de la dignité humaine" : c’est ce que
déclarent les évêques catholiques du Canada dans un message pastoral sur le
sida. le document est intitulé : "Au-delà de la peur : compassion, clairvoyance, solidarité".
Après avoir rappelé que "la vie de Jésus a été l’expression même de la
compassion pour les maladies et les blessés de la vie", allant jusqu’à partager le repas "de gens officiellement impurs", les évêques invitent à
dépasser la barrière de la maladie ou de la faute morale pour rencontrer la
personne blessée. Ils dénoncent à ce sujet "le mépris et le rejet, les jugements hautains et les sermons, les enquêtes humiliantes et les présomptions rapides" qui, disent-ils, trop souvent, s’abattent sur les personnes
atteintes du sida.
Une fois la peur vaincue, poursuivent les évêques, il s’agira de "poser
un regard lucide, intelligent et clairvoyant sur la maladie et les raisons
de sa propagation rapide. Ils s’adressent ici plus particulièrement aux
pouvoirs publics et aux milieux médicaux, leur rappelant que s’ils ont le
devoir de rechercher les moyens les plus efficaces d’enrayer la progression
de la maladie, on ne peut non plus oublier que "l’un des moyens les plus
efficaces serait de faire en sorte que se modifient certaines habitudes ou
comportements personnels".
Valeurs spirituelles et morales
Dans cet esprit, écrivent les évêques, la recherche fébrile d’un vaccin,
les programmes de distribution gratuite de seringues stérilisées et l’usage
systématique du condom "restent bien au-deçà des véritables causes du problèmes, qui se situe à un niveau humain beaucoup plus profond", estimentils en proposant de faire appel aux valeurs spirituelles et morales liées à
l’amour et à la sexualité.
"Nous croyons, relèvent encore les évêques, que la vie humaine en quête
de bonheur exige ou suppose une certaine qualité de maîtrise de soi, une
ouverture à la vie et à un amour interpersonnel qui dépasse le simple désir
de jouissance physique. Ce sont là des réalités qu’une civilisation marquée
par l’hédonisme a sans doute oubliées ou déclarées périmées. C’est précisément dans cet oubli ou ce rejet que l’on peut déceler la cause la plus profonde de la rapide propagation du sida". Enfin, les évêques préconisent
"une solidarité humaine qui sache s’établir par-dessus les frontières de
nos religions et de nos philosophies".(apic/cip/pr)