maladroitement dans son livre "The sexual creators"
Ses positions en matière de morale sexuelle étaient critiquées par Rome
Ottawa, 28février(APIC) Le Père canadien André Guindon, professeur de
théologie morale à l’Université Saint-Paul d’Ottawa, a reconnu dans une déclaration publiée à Ottawa qu’il ne s’oppose en aucune façon à la doctrine
de l’Eglise et qu’il s’est "exprimé maladroitement" dans son livre "The sexual creators". Ses positions en matière de morale sexuelle critiquées par
Rome - sur les rapports pré-matrimoniaux, les relations homosexuelles et la
contraception notamment - ont failli lui coûter son poste.
Le Père Guindon, qui fait partie des Oblats de Marie Immaculée, risquait
en effet des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’à l’interdiction
d’enseigner, étant donné les objections doctrinales formulées par la Congrégation pour la doctrine de la foi contre son livre publié en 1986. Une
note de la Congrégation vaticane à ce propos lui avait été remise en janvier 1992 par le pro-nonce apostolique au Canada, Mgr Carlo Curis.
Il avait été demandé au professeur de faire une déclaration publique
afin de présenter des positions sur la morale sexuelle qui soient en harmonie avec l’enseignement de l’Eglise. Dans le cas contraire, une action disciplinaire pouvant aller jusqu’à l’interdiction d’enseigner comme théologien catholique aurait pu être prise contre lui. La déclaration qu’il vient
de faire, publiée dans un "délai raisonnable", répond donc à la demande romaine.
Dans la note remise l’an dernier au Père Guindon, l’on reconnaît des intentions louables et des aspects positifs dans son livre, mais l’oeuvre,
dans son ensemble, "présente une vision inadéquate de la sexualité". Elle
donne une philosophie de la personne insuffisante et ne "rend pas justice à
l’unité de la nature humaine et ne tient pas compte de la dignité dans son
aspect corporel".
En 1987, la Congrégation pour la doctrine de la foi avait entamé, en accord avec deux autres dicastères du Vatican, un dialogue écrit avec le Père
Guindon par l’intermédiaire de ses supérieurs religieux. Un dialogue qui
n’avait pas à l’époque abouti aux résultats escomptés. (apic/kna/be)