Canada: cas d’agressions sexuelles impliquant des prêtres (190692)
Ottawa, 19juin(APIC) Après deux ans d’activités suivies, le comité de la
Conférence épiscopale catholique du Canada chargé d’étudier les cas
d’agression sexuelle vient de publier son rapport final. Il y propose un
total de 50 recommandations, dont un certain nombre visent à éliminer les
séquelles qu’ont laissées dans l’Eglise catholique les agressions sexuelles
d’enfants par des religieux ou des membres du clergé. D’autres recommandations sont faites dans le but de prévenir la répétition de tels incidents à
l’avenir.
Intitulé "De la souffrance à l’espérance", ce rapport de 94 pages adresse ses recommandations à cinq groupes-cibles bien identifiés: les évêques
diocésains, les responsables de la formation des prêtres, les responsables
diocésains du clergé, les catholiques et la Conférence épiscopale du Canada.
Aux évêques diocésains, le comité recommande entre autres de mettre en
place, au niveau diocésain ou interdiocésain, un comité d’experts qui prenne en charge les questions relatives aux agressions sexuelles impliquant
des prêtres; de nommer un délégué diocésain du clergé; de mettre sur pied
un comité de défense qui s’occuperait des victimes. Pour les prêtres délinquants, il s’agira de prévoir des moyens de thérapie en vue de leur réhabilitation, mais aussi un processus et les conditions strictes de réintégration dans le ministère.
Aux catholiques, le comité suggère de "dépasser la peur et la honte" et
de s’engager "avec générosité et détermination dans un vaste mouvement de
guérison des victimes". Il leur demande aussi de soutenir les victimes qui
luttent pour faire éclater la vérité, ainsi que les milliers de prêtres injustement éclaboussés par l’inconduite d’une minorité de leurs confrères.
Toute la lumière
Pour Mgr Roger Ebacher, évêque de Gatineau-Hull et président du comité,
cette affaire "a déjà blessé trop de gens et miné, à certains égards, la
crédibilité de l’Eglise canadienne. Cela ne peut plus durer. Il faut travailler ensemble pour dénoncer ce phénomène et y apporter tous les correctifs nécessaires".
Une étape significative vient en tout cas d’être franchie. Le comité
compte bien ne pas en rester là. "Nous sommes plus que jamais déterminés à
poursuivre un vaste projet de sensibilisation et d’action au sein de
l’Eglise, affirme Mgr Ebacher. Plus que jamais, nous voulons faire toute la
lumière en ce domaine. Il y va de la crédibilité même de l’Eglise".
Le comité sur les cas d’agressions sexuelles réunissait trois évêques,
une religieuse médecin, spécialisée en pédiatrie, deux laïcs (un homme et
une femme) engagés dans le travail social, et le président de la Fédération
nationale des conseils presbytéraux. Il s’est réuni à douze reprises au
cours des deux dernières années. Il a été assisté par quatre groupes de
travail réunissant une trentaine d’experts.
En mars dernier, le comité avait déjà publié un guide d’animation, intitulé "Comme une brisure", qui a été envoyé à tous les diocèses. (apic/cippr)