Canada: abus sexuels perpétrés par des prêtres (240790)
Paris, 24juillet(APIC) Une vingtaine de prêtres et de catholiques de Terre-Neuve, au Canada, ont été inculpés ou reconnus coupables d’abus sexuels
sur des enfants, en général avec la complicité de policiers et de travailleurs sociaux: c’est ce que conclut le rapport accablant établi par une
commission mise en place par l’archidiocèse de Saint John’s, annonce
l’agence de presse catholique CIP à Bruxelles.
L’archevêque, Mgr Alphonsus Liguori Penney, 65 ans, vient de rendre public ce rapport, en annonçant qu’il avait présenté sa démission au pape
mercredi dernier, annonce CIP, en se référant à l’édition du 19 juillet du
quotidien catholique français "La Croix". Le journal fait état d’autres cas
qui ont défrayé la chronique en Belgique et en France.
Le rapport de la Commission Winter, chargé par l’archidiocèse de TerreNeuve de faire toute la lumière sur des cas d’agressions sexuelles par des
prêtres ou des religieux, est accablant pour les autorités diocésaines, au
courant de ces cas d’abus sexuels depuis 1976, sans en référer aux autorités ni venir en aide aux victimes.
C’est précisément pour venir en aide aux victimes de telles agressions,
à leurs familles, mais aussi aux prêtres et aux religieux mis en cause, que
la Conférence épiscopale du Canada a mis en place il y a quelques mois un
"Comité spécial sur l’Eglise et les cas d’agression sexuelle". Ce comité,
dont le but n’est pas de doubler le travail déjà effectué dans ce domaine
dans plusieurs diocèses canadiens, se compose de trois évêques du Conseil
permanent de la Conférence épiscopale, de deux travailleurs sociaux laïcs
(dont l’ancienne vice-présidente de la commission canadienne des droits de
la personne), d’une religieuse des soeurs de la Charité, responsable de la
section de pédiatrie d’un hôpital de Halifax, et un prêtre de Sault-SainteMarie, où il a dirigé l’Office diocésain de justice sociale, et qui est aujourd’hui le vice-président de la Fédération nationale des conseils présbytéraux. Un premier bilan de ce comité était prévu pour la prochaine assemblée de l’épiscopat canadien, en août prochain.
En Belgique et en France
Pour la Belgique, "La Croix" cite les cas de deux prêtres âgés de 45 ans
travaillant, le premier dans l’agglomération liégeoise, le second dans le
Brabant wallon. Aujourd’hui placé en détention préventive, avec d’autres
membres d’un réseau de pédophilie, le prêtre liégeois agissait avec une
douzaine de complices qui organisaient des rendez-vous avec des mineurs,
par petites annonces dans des journaux publicitaires gratuits. Amateur de
photos pornographiques de petits enfants, le second, condamné à cinq ans de
réclusion avec sursis, a dû se retirer dans un monastère et entreprendre
une thérapie. En France, un prêtre de la région de Nevers vient d’être inculpé pour des motifs analogues.
"Tous ces prêtres étaient généralement appréciés de leurs paroissiens,
dont la stupeur se mêle alors à l’indignation", écrit "La Croix". Et de
poser la question: comment éviter que l’opprobe rejaillisse sur l’ensemble
du clergé? "L’Eglise est humaine, et ses ministres en premier, ajoute le
quotidien. La mission reçue du Christ n’immunise personne contre les
déviances ou les chutes; mais elle invite à examiner ce qui, jusque dans
les structures religieuses ou dans la formation des responsables, peut
conduire au contre-témoignage. Surtout lorsque des enfants, infiniment
respectés par Jésus, en sont victimes". (apic/cip/gar)