Campagne de Carême : des réponses nouvelles (010390)
Conférence de presse de l’AdC et de PPP
Berne, 1ermars(APIC) La dette internationale est pour les pays du tiers
monde une question de vie et de mort. Pour les oeuvres suisses d’entraide
catholique Action de Carême (AdC) et protestante Pain pour le prochain
(PPP) il est urgent de trouver des réponses nouvelles Campagne de Carême : des réponses nouvelles (010390), mais aussi des solutions respectueuses des droits de l’homme.
Elles en ont proposées avec leurs hôtes réunis le 1er mars à Berne pour une
conférence de presse sur le thème de la campagne de Carême 1990 intitulée
"La dette ou la vie", campagne qui s’inscrit dans le mouvement oecuménique
mondial "Justice, Paix et Sauvegarde de la Création".
AdC et PPP accueillaient pour l’occasion Mgr José Ivo Lorscheiter, évêque de Santa Maria, au Brésil, et président de la Conférence épiscopale
brésilienne de 1979 à 1983 et Mme Susan George, économiste américaine. Un
constat: la dette tue - selon un rapport de L’UNICEF de 1989 - un demi million d’enfants chaque année; elle pèse de tout son poids sur les épaules
des plus pauvres, qui en subissent les conséquences dans leur vie quotidienne. Chacun a proposé des solutions qui, tout en corrigeant l’équilibre
de l’économie mondiale, encouragent le développement du tiers monde.
Pour Mgr Lorscheiter il faut freiner le processus économique actuel qui
continue d’appauvrir les pauvres et d’enrichir les riches et mettre ainsi
un terme à une situation qui, si elle est catastrophique pour les pays du
tiers monde, a des conséquences économiques non négligeables pour les pays
industrialisés.
Conséquences sociales de la dette
Partant de son expérience, l’évêque brésilien a proposé quelques réponses: encourager les initiatives courageuses de désendettement; mettre en
oeuvre des solutions concrètes, comme la pétition pour un fonds de désendettement lancée par les oeuvres suisses d’entraide; organiser des rencontres pour que circule l’information entre pays débiteurs et pays créanciers. Il a appelé le Conseil Oecuménique des Eglises (COE) à sonder les
possibilités de lancer un programme spécial consacré à la résolution du
problème de la dette. Mgr Lorscheiter a lancé deux mises en garde. Selon
lui, toute initiative doit être soutenue par un souci d’ordre éthique;
enfin il faut veiller à ce que les changements à l’Est ne détournent pas
l’attention des problèmes sérieux qui secouent l’hémisphère sud.
Pour Susan George, le problème de la dette doit inquiéter les pays riches non seulement pour des raisons morales, mais aussi pour des raisons
matérielles. La dette a de graves conséquences sociales, souligne l’économiste américaine. Elle grève le contribuable, détruit l’environnement, favorise le commerce de la drogue et l’immigration, crée des pertes d’emplois
et une instabilité politique. Qualifiant d’"exemplaire" la campagne de Carême des oeuvres suisses d’entraide, l’économiste s’est félicitée du regard
des catholiques suisses sur la dette: celle-ci est - et c’est la première
fois - perçue comme un instrument de libération et de développement.
Fonds de désendettement et collecte de Carême
En ouvrant auparavant la campagne de Carême "La dette ou la vie", Hans
Ott, secrétaire de Pain pour le prochain, avait insisté sur la pétition
pour un fonds de désendettement lancée par les oeuvres suisses d’entraide
en automne dernier et intitulée : "Le désendettement : une question de survie". Ce projet, qui lie la remise de dette à la création d’un fonds de
contrepartie destiné à soutenir le développement, est une réponse concrète
au problème de la dette. Il s’inscrit dans le cadre d’une vaste consultation organisée dans les Eglises sur le thème : "Des réponses nouvelles en
matière d’aide au développement".
Quant à Ferdinand Luthiger, directeur de l’Action de Carême, il a relevé
le bon résultat de la collecte de la campagne de Carême 1989, intitulée
"Plus jamais le déluge". Son résultat : 36,376 millions de francs, soit 1,6
million de plus que l’année précédente. Le résultat global, de 42,1 millions de francs, a permis de soutenir 870 projets pour 33,8 millions de
francs et d’investir 2,5 millions de francs dans l’information et la formation. (apic/cor)