Cambodge: une nouvelle page s’ouvre (180693)
La liberté religieuse permet une pratique plus ouverte
Phnom Penh, 18juin(APIC) L’Eglise catholique au Cambodge, dont les membres restent très minoritaires dans ce pays asiatique, ose pourtant, depuis
peu, affirmer publiquement une présence discrète. Après le temps de la persécution et de la quasi-clandestinité, une nouvelle page s’ouvre actuellement pour l’Eglise du Cambodge, estime le service d’informations d’Eglises
d’Asie.
Grâce à l’élargissement de la liberté religieuse et l’arrivée, un peu
partout dans le pays, des chrétiens des camps de réfugiés, une nouvelle vie
religieuse surgit. A "Ta Hên", depuis plus de 20 ans, la vie de la communauté était arrêtée à cause de la guerre, puis des Khmers Rouges et de la
persécution. Mais il y a un an, 23 familles ont osé se déclarer chrétiennes
auprès des autorités. Une famille a libéré sa maison pour la prière et la
catéchèse. L’entraide a été organisée et déjà des malades (lépreux, tuberculeux) ont été secourus. Des relations d’amitié et de collaboration se développent avec la pagode voisine. Le mois dernier un pas de plus a été fait
en demandant la reconnaissance légale de la communauté et l’autorisation de
construire une chapelle en bois. L’un des chrétiens a donné une parcelle de
son terrain et chacun donne une semaine de travail. Une collecte a aussi
été effectuée à laquelle certains voisins bouddhistes ont participé.
A "Ta Pung", plusieurs centaines de familles ont été rapatriées des
camps de la frontière thaïlandaise. L’Eglise est née avec les premiers arrivés: Dès le premier dimanche, alors que sa nouvelle paillote commençait à
surgir de terre Sokha a prié et chanté des cantiques avec ses trois enfants. Les voisins intrigués lui ont demandé ce qu’elle faisait. Elle a dit
simplement qu’elle croyait en Jésus-Christ. Plusieurs personnes catéchumènes ou chrétiens, catholiques ou d’autres confessions ont demandé si le dimanche suivant ils pourraient se joindre à elle. Aujourd’hui la maison de
Sokha est trop petite pour la prière et la catéchèse. Le mois dernier, la
communauté a déposé une demande pour qu’elle soit reconnue légalement et
autorisée à construire une chapelle.
Eglise d’Asie cite aussi la localité de Chrab Veal où il n’y a pas à
proprement parler de village. Mais en 1979, des familles dont les maisons
ont été rasées par les Khmers Rouges sont venues s’installer à Chrab Veal à
côté de leurs rizières. Parmi elles des chrétiens: une quinzaine de familles rejointes ces dernières semaines par quelques rapatriés. En janvier
quelques familles décidaient de construire un abri de paille pour catéchiser les enfants. L’un donnait le terrain, les autres la main d’oeuvre. Pour
le nouvel an khmer, deux jours après Pâques, c’était l’inauguration de la
paillote à l’occcasion du premier rassemblement des "enfants du caté" de
tout le secteur, conclut le service d’informations d’"Eglise d’Asie."
(apic/eg/ba)