Le crime organisé s’en prend aux ecclésiastiques
Reggio de Calabre, 10janvier(APIC) Les prêtres de la Calabre, au sud de
l’Italie, se sentent toujours plus menacés par la "’ndrangheta", une organisation analogue à la Mafia. Mardi 9 janvier, le conseil presbytéral de
l’archevêché de Reggio de Calabre-Bova a rendu publiques dans un document
les agressions de plus en plus nombreuses perpétrées contre des ecclésiastiques. Les prêtres demandent en même temps à la police et aux autorités de
mener un combat énergique contre la "’ndrangheta."
L’année dernière 143 personnes ont été assassinées par la "’ndrangheta"
en Calabre ; en juin l’on comptait pour la première fois un prêtre au nombre des victimes. Ces dernières semaines les voitures de deux prêtres et du
président de la Caritas diocésaine ont été incendiées. De nombreux ecclésiastiques ont reçus des menaces la nuit par téléphone. La "’ndrangheta"
veut par ses actions amener les prêtres à cesser d’exhorter la population à
la résistance contre le crime organisé.
L’Eglise condamne le crime organisé
Mais la dénonciation du crime organisé est loin d’être une action isolée. Elle est le résultat d’un plan pastoral, a expliqué Mgr Aurelio Sorrentino, archevêque de Reggio de Calabre-Bova, qui a rappelé le document de
la conférence épiscopale italienne consacré aux problèmes brûlants de
l’Italie du Sud, publié l’an dernier.
Mgr Sorrentino avait déjà, le 21 juin 1987, condamné sans équivoque
l’effusion de sang qui s’était produite dans la région. Il avait célébré
une "messe du pardon" dans la cathédrale de Reggio de Calabre. Il avait appelé la "’ndrangheta", à mettre un terme à ses actions criminelles. Cet appel n’a pas été entendu : en 1987 et 1988, 165 personnes ont été victimes
du crime organisé et l’année dernière 143 assassinats ont eu lieu. Les prêtres continuent de condamner la "spirale de la violence" et d’appeler à la
résistance, même si leur action n’a pour l’instant donné lieu à aucune réaction concrète de la part de l’Etat italien. (apic/cic/cor)