C’est paradoxalement sous le prétexte de contrer la conception conser-
té en Amérique centrale, au Guatémala par exemple. Il y a plus d’un siècle,
durant une visite qu’il effectuait aux Etats-Unis, le président guatémaltèque d’alors, Justo Rufino Barrios (1873/1885), demandait à l’Eglise presbytérienne d’envoyer des missionnaires dans son pays. Selon les observateurs,
à l’époque, le président libéral Barrios avait besoin d’un appui dans sa
lutte contre "les conservateurs et ses alliés, la hiérarchie de l’Eglise
catholique".
La réponse ne se faisait pas attendre puisqu’en 1882, John Clark Hill
arrivait à Ciudad de Guatemala pour y fonder la première Eglise protestante, la même qui aujourd’hui encore s’élève proche du Palais national. Dix
ans plus tard l’arrivée de Hill, les bateau bananiers remplis de missionnaires venus du nord accostaient au Guatemala.
Depuis cette époque, les évangéliques ont été associés en Amérique
centrale aux intérêts politiques de l’élite gouvernante et du pouvoir
dominant dans la région: les Etats-Unis. Une implantation encore favorisée
par les prises de position de l’Eglise catholique qui justifiait