Burundi: les tueries contre la communauté Hutu continuent (260988)
Fribourg. 26septembre(APIC) Après les massacres survenus en août dernier
au Burundi qui firent plusieurs milliers de morts parmi la communauté Hutu,
les tueries dirigées contre cette ethnie par le pouvoir représentatif de la
minorité des Tutsis se poursuivent, affirment les réfugiés hutus des pays
voisins du Burundi. Ce que le gouvernement dément. Dans un nouveau document, un groupe de patriotes hutus burundais citent les témoignages de
nombreux réfugiés qui ne cessent d’affluer dans les pays limitrophes du Burundi.
L’autodénommé groupe "patriotes Hutus burundais" dénoncent les nombreuses arrestations arbitraires et les exécutions sommaires dont sont victimes
aujourd’hui les populations hutus dans toutes les régions du Burundi. Quant
au gouvernement, il prétend que le calme est revenu. Ce même groupement
avaient accusé les militaires d’être à l’origine du massacre et dénoncé
l’existence d’un plan ourdi dans le but de le mener à bien.
A travers un document intitulé "Poursuite des massacres au Burundi: à
quand la paix ?", le groupe "Patriotes Hutus burundais" rappelle l’appel
récemment lancé à l’opinion internationale, à l’OUA (Organisation pour
l’unité africaine), et à l’ONU en vue de faire le nécessaire pour arrêter
le nouveau génocide contre les Hutus . Ils demandaient en outre une aide
humanitaire rapide en faveur des rescapés tout en attirant l’attention de
l’opinion publique et religieuse sur le fait que le respect des Droits de
l’Homme au Burundi passe par le règlement de la question ethnique. Ils
relèvent que leur exhortation visant à demander à tous les partenaires du
Burundi d’agir pour que cesse la terreur est demeurée sans effet. Les
meurtres et les arrestations redoublent, dénoncent-ils.
Le gouvernement dément
Pour sa part, le gouvernement du Burundi dément les affirmations en provenance de ces réfugiés. Selon lui, ces derniers s’"ingénient à faire croire que la situation sur le terrain se serait aggravée et que les ’massacres’ de l’armée burundaise se poursuivent et s’étendent". De telles affirmations alarmistes à l’excès sont diamétralement opposées à la situation
qui règne dans le pays, écrit-il.
Or, selon les réfugiés, non seulement les massacres se poursuivent aujourd’hui, mais il est à craindre le pire si les mesures d’exceptions ne
sont pas supprimées et si la communauté internationale continue à "laisser
le gouvernement du Burundi poursuivre les tueries des populations innocentes". Du reste, soutiennent les réfugiés, les massacres en août dernier
n’ont pas touché uniquement les communes de Ntega et de Marangara, ainsi
que le prétend le major Buyoya. Huit autres communes du Nord du pays "ont
été victimes de la barbarie tutsi". Ce que dément également le gouvernement.
Les causes réelles de la crise socio-politique qui secoue le Burundi depuis plus d’un quart de siècle sont avant tout à rechercher au niveau du
système politique caractérisé par la monopolisation du pouvoir par l’ethnie
minoritaire Tutsi. Le dénominateur commun des régimes au pouvoir dans ce
pays depuis l’instauration de la République est de confier à quelques Hutus
des postes sans grande importance dans l’intention de faire croire à l’opinion publique nationale et internationale que le pouvoir est partagé entre
Hutus et Tutsis, écrit le groupe "Patriotes Hutus burundais". Ce que reconnaît d’ailleurs Mgr Bernard Bududira, évêque du diocèse de Bururi, ainsi
que le clergé. Dans un document signé, il écrivait notamment que "certaines
promotions de Hutus ne semblent destinées qu’à tromper l’opinion".
(apic/pr)