Aux chrétiens: "Il existe encore des divergences doctrinales graves"
Bujumbura, 6septembre(APIC) Le pape Jean Paul II a réitéré jeudi soir à
Bujumbura (Burundi) l’appel adressé à Djakarta (Indonésie) à la communauté
islamique en octobre 1989. Il a demandé aux musulmans de faire cause commune, et reconnu, en s’adressant aux représentants des autres Eglises chrétiennes, qu’"il y a encore entre nous des divergences doctrinales parfois
graves".
Dans un discours prononcé devant les représentants des autres Eglises
chrétiennes et religions réunis à la nonciature apostolique, Jean Paul II a
déclaré aux représentants de la communauté islamique: "Ensemble, efforçonsnous de parvenir à la compréhension mutuelle et à la paix. Au nom de toute
l’humanité, faisons cause commune pour sauvegarder et promouvoir les valeurs qui contribueront à la santé spirituelle et morale de notre monde".
La rencontre du pape avec les représentants des autres Eglises chrétiennes et religions mettait un terme à la deuxième journée du voyage de Jean
Paul II au Burundi, pays où les catholiques sont majoritaires (entre 60 et
65%), les protestants représentent 15%, et les musulmans 2%.
S’adressant aux représentants des autres Eglises chrétiennes, le pape a
reconnu que "certes, il y a encore entre nous des divergences doctrinales
parfois graves", mais que "ce qui nous unit déjà l’emporte de loin sur ce
qui nous sépare encore". Il les a invités, avec les représentants de la
communauté islamique, à être "les premiers à respecter la vie, à intervenir
en faveur des plus démunis, des plus vulnérables, à oeuvrer pour la justice".
Auparavant, dans l’après-midi, revenant de deux visites où il avait
abordé, lors de la première, une messe célébrée à Songa, le problème de
l’explosion démographique, puis prêché, lors de la seconde, à Gitega, la
réconciliation nationale dans le cadre d’une rencontre avec les laïcs, le
pape avait regagné Bujumbura, la capitale, pour y rencontrer le clergé, les
religieux et religieuses à la cathédrale. Aux seconds, il a parlé des voeux
de chasteté, d’obéissance et de pauvreté, observant, à propos de la pauvreté, qu’"il existe aujourd’hui des formes de pauvreté à grande échelle, vécues par des individus ou endurées par des sociétés entières". Le pape a
cité, entre autres, la faim, l’ignorance, la maladie, le chômage... "Dans
ces conditions, a-t-il ajouté, les religieux sont poussés à une plus grande
proximité vis-à-vis des plus appauvris et des plus nécessiteux".
Le pape a montré ensuite la nécessité d’"un ressourcement permanent":
"Tout au long de leur vie, les religieux doivent poursuivre avec soin leur
formation spirituelle, doctrinale et pratique". Il a enfin souligné que,
dans un monde de conflits, dans un pays qui a connu de graves problèmes
ethniques, "les consacrés ont à coeur d’être des instruments de réconciliation". (apic/cip/jt/pr)