Bujumbura, 4septembre(APIC) Au Burundi, l’un des pays les plus pauvres
du monde, le gouvernement de Jean-Baptiste Bagaza a été renversé durant son
absence. Le sort de Bagaza, arrivé au pouvoir à la suite du putsch de 1976,
est encore incertain. Une junte militaire dirigée par le major Pierre
Buyoya s’est emparée du pouvoir.
Pour l’Eglise catholique d’Afrique la régence de Bagaza fut une période
de persécutions sévères. Des centaines de pretres et de religieux furent
expulsés, les églises fermées, l’enseignement de la religion interdit à
l’école de meme que les manifestations religieuses les jours ouvrables, les
possibilités de travail des pretres considérablement réduites en dehors de
temps fixes, de sorte qu’une assistance spirituelle normale ne fut plus
possible. Le but du gouvernement de Bagaza était de fonder un Etat sécularisé dans lequel la religion ne devait jouer aucun role ou tout au plus un
role subalterne.
Les raisons profondes du combat parfois violent contre l’Eglise sont
d’ordre éthique, dans l’inimitié entre la majorité Hutu (85% de la population) et la minorité Tutsi (14% de la population). Depuis des dizaines
d’années le pouvoir politique et social appartient aux Tutsi et se manifeste par un massacre sanglant des Hutu, dont en 1972 des milliers de membres
ont été les victimes.
L’Eglise était une menace
L’Eglise catholique était une menace pour le gouvernement du Burundi,
parce qu’elle défendait les droits de l’homme et l’égalité. Bagaza, lui-meme Tutsi, lui reprochait d’etre "pro Hutu" et de ruiner les efforts visant
à l’unité et à la réconciliation dans le pays. Comme l’Eglise catholique
avait acquis une grande influence dans l’enseignement par sa campagne
d’alphabétisation et ses écoles excellentes, le chef de l’Etat craignait
constamment pour son pouvoir. Il commença à combattre l’Eglise catholique
un an après son accession au pouvoir.
Toutes les écoles primaires catholiques furent étatisées. La tension
entre l’Eglise et l’Etat atteignit un sommet lors du non renouvellement des
visas de 200 missionnaires étrangers et de l’expulsion de 70 autres en
1979. En 1985 la crise s’accentua lorsque quelques pretres furent arretés.
En 1986 le séminaire fut étatisé et la catéchèse interdite aux laics. Au
printemps de cette année l’Eglise fut accusée officiellement de subversion.
L’Etat intervenait de plus en plus dans les affaires de l’Eglise. Bagaza
avait affirmé peu avant sa chute que l’Eglise "serait supprimée si elle
continuait sa campagne". (apic/kna/cor)
d’alphabétisation,
été victimes.