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    Burkina Faso: malgré la violence extrémiste, "l'Eglise n'a pas déserté"

    Le cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque émérite de Ouagadougou, au Burkina Faso, a présenté un bilan poignant de la situation religieuse difficile pour l'Eglise catholique et l'Islam, dans le pays. Malgré près d'une décennie de violences d’extrémistes religieux, «l’Eglise reste là, présent, servante, vivante».

    L’archevêque émérite Philippe Ouédraogo, dont les propos sont rapportés par la Conférence épiscopale régionale de l'Afrique de l’ouest, intervenait aux récentes assises de Séoul, en Corée du Sud, du 10 au 12 juillet, de la Fondation pontificale Aide à l’Église en détresse (AED).

    La communication de l’archevêque de Ouagadougou avait pour thème: «L’Eglise au Burkina Faso, témoin de l’Espérance face à la persécution par l’extrémisme islamiste violent». Elle portait sur trois points: «la tragédie de la violence terroriste, la mission et le témoignage de l’Eglise catholique, et l’interpellation de la conscience mondiale».

    Imams et prêtres assassinés

    Durant ces neuf années de violence, «des mosquées ont été attaquées, certaines pendant la prière du vendredi. Des imams ont exécutés parce qu'ils prêchaient une version modérée et pacifique de l'islam. Des écoles coraniques, fermées ou détruites. Des villages, à majorité musulmane, pris pour cible de façon aveugle», a déploré le cardinal Ouédraogo.

    Ouedraogo-St-Maurice
    Ouedraogo-St-Maurice
    Le cardinal Ouédraogo. ici en 2017, a présenté un bilan très sombre de la situation religieuse au Burkina Faso | © Bernard Hallet

    Du côté de l’Eglise catholique, «des prêtres ont été enlevés et tués, des catéchistes et des fidèles assassinés, des églises fermées, des chapelles incendiées, des lieux de prière désertés». «Malgré tout, elle (l’Eglise catholique) reste là, présente, servante, vivante, priant, souffrante, et profondément solidaire du peuple», a-t-il poursuivi.

    Deux coups d’État

    En janvier 2016, une première attaque djihadiste contre un hôtel à Ouagadougou, faisant 29 morts a marqué le début de la violence des groupes d’extrémistes religieux au Burkina Faso. Le pays sahélien de l’Afrique de l’Ouest vit dans une guerre contre les islamistes, qui ont provoqué deux coups d’Etat.

    Le premier, contre le président démocratiquement élu, Marc Kaboré, en janvier 2022. Quelques mois plus tard, en septembre 2022, un deuxième putsh, dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, a renversé le président de la transition, le Lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba. Le Capitaine Traoré dirige le pays depuis lors. Ces deux changements de régime n’ont pas permis de mettre fin au conflit, plongeant le pays dans une grave situation sécuritaire.

    Citant les ONG, le cardinal Ouédraogo a évoqué  des «chiffres accablants», en 2024, avec plus de 8’000 personnes tuées dans des attaques ciblées, des affrontements armés ou des assassinats de civils innocents, sans compter les disparus, les blessés. Plus de 2,2 millions de déplacés internes sont recensés à ce jour, dont une majorité de femmes, d’enfants et de personnes âgées. Des familles entières vivant dans des conditions précaires, dans des camps improvisés, sans accès stable à l’eau, à la nourriture, à l’éducation ni aux soins de base.

    35'000 réfugiés

    En outre, plus de 35’000 réfugiés burkinabè ont fui vers les pays voisins (Togo, Ghana, Bénin, Côte d’Ivoire), dans des situations d’insécurité alimentaire aiguë. Près de 6’000 écoles ont été fermées, privant plus d’un million d’enfants de leur droit fondamental à l’instruction. Une génération entière est en train d’être sacrifiée. Des centaines de centres de santé sont détruits ou fermés. Des centaines de milliers d’hectares de terres agricoles sont abandonnés. Le tissu économique local est désintégré. Des marchés, des greniers, des routes sont contrôlés ou minés.

    Dans ce contexte de déplacements massifs, l’Eglise au Burkina Faso n’a pas déserté. Elle n’a pas renoncé à sa mission évangélisatrice. "Au contraire, elle s’est enracinée, elle s’est adaptée, elle s’est engagée plus encore, au risque de sa propre existence", a souligné l'archevêque émérite. (cath..ch/ibc/bh)

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