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    Cour européenne des droits de l’homme en vue

    Bulgarie: La nouvelle loi sur les religions menace les orthodoxes dissidents

    Sofia, 18 août 2003 (Apic) Suite à l’adoption d’une loi controversée sur les communautés religieuses en Bulgarie, les évêques et les prêtres d’un synode orthodoxe dissident pourraient être expulsés des églises qu’ils utilisent. Ce synode n’exclut pas de recourir à la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg.

    La loi sur les communautés religieuses, approuvée cette année par le Parlement bulgare, exclut la reconnaissance du synode dissident et exige que les religions minoritaires soient approuvées par les tribunaux pour être autorisées en Bulgarie.

    En 1992, l’Eglise orthodoxe, majoritaire en Bulgarie, s’est divisée lorsque des opposants du chef de l’Eglise, le patriarche Maxime, ont remis en cause la validité de son élection en 1971 et l’ont accusé de collaboration avec l’ancien régime communiste.

    "Lorsque les autorités locales décideront d’appliquer les clauses de la loi, la situation empirera, car de nombreuses églises sont contrôlées par le synode dissident et dans certains cas, il faudra que la police intervienne pour reprendre les églises et les remettre au soi-disant synode reconnu", a expliqué le 12 août Emil Cohen, président de la Fondation pour la tolérance en Bulgarie, un groupe de défense de la liberté de conscience. La loi a aussi été critiquée par des groupes protestants et par l’Eglise adventiste du septième jour.

    Pour Emil Cohen, la loi est en contradiction avec la constitution car elle confère une position privilégiée à l’Eglise orthodoxe bulgare et elle pénalise lourdement ceux qui pratiquent leur religion sans permission.

    Un premier cas

    Toutefois, la Cour constitutionnelle de Bulgarie, chargée de statuer sur un cas en juillet, a soutenu la loi. La décision de la Cour a été accueillie avec satisfaction par le patriarche Maxime, selon une déclaration contenue dans l’édition la plus récente de la revue officielle de l’Eglise orthodoxe bulgare.

    Le cas pourrait être porté devant la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, mais pas avant que toutes les voies juridiques ne soient explorées en Bulgarie. "Si une autorité locale a utilisé la force pour reprendre certaines églises et que les victimes ont fait appel, ce n’est qu’après avoir été traité par la Cour suprême de cassation que le cas pourra être transmis à Strasbourg", a expliqué Emil Cohen à l’agence ENi.

    A la fin de l’an dernier, alors que le projet de loi franchissait les dernières étapes pour être approuvé par le Parlement, le Père Karmen Barakov, du synode orthodoxe dissident, avait averti que celui-ci allait lancer une campagne de désobéissance civile contre la loi. (apic/eni/sh)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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