Bulgarie: L’élection du patriarche Maxim déclarée invalide (110392)
Sofia, 11 mars(APIC) L’élection du patriarche Maxim, chef de l’Eglise orthodoxe bulgare, a été déclarée invalide par les autorités de Sofia. Personnalité de plus en plus contestée en raison de ses liens passés et de sa
collaboration avec le Parti communiste, le patriarche Maxime a déjà été
prié à plusieurs reprises de se retirer dans un monastère. Le gouvernement
bulgare vient de préciser qu’il tenait l’élection du patriarche Maxim en
1971 pour non valable, car "en fait Maxim a été nommé par le chef du PC Todor Jivkov" et a été élu au mépris des normes canoniques.
Depuis plusieurs mois, le Comité pour les affaires religieuses du parlement bulgare s’occupe d’examiner la validité de la nomination du patriarche
Maxim. L’"Union des forces démocratiques" au pouvoir a également répété son
désir de voir le patriarche Maxim se retirer. Elle lui reproche d’avoir
servi le régime communiste et de s’être ainsi rendu "coupable envers le
peuple". Il semble que l’élection de 1971 se soit déroulée en accord avec
le statut de l’Eglise orthodoxe bulgare imposé par les communistes en 1950,
mais une grande partie du clergé critique ce statut. L’évêque Noefit, secrétaire du Saint-Synode, estime qu’aujourd’hui l’Eglise doit avoir le
droit de régler ses affaires internes sans immixtion de l’Etat.
L’Union des prêtres de Bulgarie, qui regroupe 700 membres et se déclare
anticommuniste, a aussi invité le patriarche à se retirer dans un monastère. En mai 1991, à Sofia, lors de la visite du patriarche oecuménique de
Constantinople, plusieurs centaines de manifestants avaient déjà exigé la
démission du chef de l’Eglise orthodoxe bulgare.
Le patriarche de l’Eglise orthodoxe roumaine, Teocist, qui avait aussi
été accusé de collaboration avec la dictature de Ceausescu, s’était retiré
en janvier 1990. Après un séjour de pénitence de trois mois dans un couvent, il avait été restauré dans ses fonctions par une décision du SaintSynode de Bucarest. (apic/kpr/mp)