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    interrompue par des militaires =

    Bukavu: séquestration d’autorités ecclésiastiques Une messe à la cathédrale

    Bruxelles, 7 décembre (CIP)

    Le groupe Jérémie vient de protester contre "l’humiliation et la

    séquestration" des autorités religieuses de l’Eglise catholique de Bukavu

    durant six heures, ce mardi 6 décembre, par les militaires envoyés par le

    colonel Opango, commandant de la région du Sud-Kivu.

    La population de Bukavu, affirme le Bulletin d’Information Africaine (BIA)

    à Bruxelles, a voulu "exprimer son indignation et sa protestation contre la

    multiplication des violations des droits de l’homme au Sud- Kivu et contre

    l’insécurité artificiellement entretenue par des militaires sur tout le

    territoire de la région".

    La journée du 6 décembre, anniversaire de la clôture d’une Conférence

    nationale souveraine, avait été choisie pour une manifestation. Le thème

    retenu par la population était "Deuil national" pour les nombreux

    assassinats perpétrés dans la région. La Société civile avait demandé aux

    confessions religieuses qui ont été durement frappées par les vols de

    véhicules et la destruction des infrastructures de célébrer l’eucharistie

    pour la paix.

    C’est au début de cette cérémonie qui se déroulait dans la cathédrale de

    Bukavu qúun groupe de militaires s’est introduit par la sacristie. Après

    avoir molesté le sacristain, qui est parvenu à s’échapper, ils ont chassé

    les fidèles de l’Eglise et arrêté onze prêtres, qúils ont gardé pendant six

    heures et humilié devant les fidèles: Mgr Mitima, vicaire général de

    Bukavu, Mgr Kanugu, curé de la cathédrale, les abbés Cimanuka, coordinateur

    des écoles catholiques, et J.B. Ruhangamugabo, directeur du Centre

    Pastoral, et sept religieux, parmi lesquels quatre Xavériens de Parme, les

    Pères De Matia, supérieur régional, Pedrotti, vice-régional, Tomasi,

    supérieur, et Venerio, supérieur des séminaristes. La résidence des

    Jésuites, où réside le P. Minani, animateur du groupe Jérémie pour la

    défense des droits de l’homme, a été interdite d’accès.

    Plusieurs religieuses et une foule de chrétiens assistaient à la messe. Les

    fidèles expulsés de l’église, qui avaient trouvé refuge dans la chapelle de

    l’archevêque, ont été battus, de même que l’abbé Mukabalera. A l’intérieur

    de l’évêché, les militaires ont dépouillé plusieurs personnes de leur

    argent. Un Père Xavérien qui a tenté de porter secours à un citoyen a été

    molesté.

    A la sortie de la cathédrale, les prêtres ont été contraints de s’asseoir à

    même le sol, sous la pluie, revêtus de leurs ornements liturgiques. Durant

    plus de deux heures, ils ont été menacés par les militaires armés jusqúaux

    dents.

    Selon le B.I.A., la plupart des lieux de culte catholique de Bukavu étaient

    sous garde militaire et à 15h30, mardi après-midi, les militaires y étaient

    toujours postés.

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