Budapest: pour la première fois, le pape visite la Hongrie (160891)
Budapest, 16août(APIC) Le pape Jean Paul II est arrivé ce matin à Budapest, en Hongrie, peu après 11 heures, après 3 jours passés en Pologne, où
il a participé à Czestochowa les 14 et 15 août à la 6e Journée mondiale de
la jeunesse. Pour son premier voyage en Hongrie - le 3e pays de l’Europe de
l’Est qu’il visite après la Pologne et la Tchécoslovaquie depuis la chute
du mur de Berlin - Jean Paul II a été accueilli à sa descente d’avion par
le président hongrois Arpad Gömcz. Le pape avait auparavant pris congé de
la Pologne, son pays natal dans lequel il a été invité par Mgr Jozef Glemp
à passer ses prochaines vacances.
Au cours de la cérémonie d’au revoir à l’aéroport de Cracovie à laquelle
assistait le président Lech Walesa, Jean Paul II a lancé un appel afin que
l’Europe retourne à ses racines chrétiennes: "Après les douloureuses épreuves de notre siècle, après la chute des idéologies dont le fruit a été toute la cruauté de systèmes totalitaires, il est indispensable de remonter
aux racines chrétiennes de l’Europe. C’est en cela que consiste le sens même de la nouvelle évangélisation de notre continent".
Après avoir pris congé de la Pologne, le pape a poursuivi son 52e voyage
hors d’Italie en direction de la capitale hongroise, Budapest, où, selon la
tradition, il a baisé le sol à sa descente d’avion.
Devant le président Arpad Gömcz, entre autres, le pape s’est adressé au
peuple hongrois en se déclarant "heureux d’être en Hongrie pour vous féliciter des étapes déjà franchies dans la nouvelle direction". "Vous êtes
maintenant pleinement conscients du fait que le nouveau climat de liberté
ne peut résoudre par lui-même tous les problèmes de la vie", a-t-il ajouté.
"Je me considère comme un compatriote"
Le pape a ensuite remarqué qu’"une fois reconquise la souveraineté, on
voit appaître à l’horizon d’autres ennemis, d’autres difficultés à surmonter, d’autres illusions à combattre: ce sont les conflits, a-t-il précisé,
à l’intérieur de votre société, les intérêts égoïstes des individus et des
groupes qui s’opposent les uns aux autres". Le pape a encore souligné que
"la justice et la paix, ces conditions indispensables de l’édification
d’une société vraiment humaine, ne trouvent leurs fondements que dans les
valeurs morales ultimes et éternelles sur lesquelles prend appui toute vie
humaine".
A propos du but de sa visite, Jean Paul II, qui a déclaré qu’il se considérait "comme un compatriote participant avec vous à votre propre destin", a relevé qu’il venait en Hongrie pour présenter à tous les Hongrois
la vision chrétienne du monde: c’est la personne humaine qu’il s’agit de
sauver, la société humaine qu’il faut renouveler.
Sur la tombe du cardinal Mindszenty
Peu après midi, le pape s’est rendu en hélicoptère de Budapest à Esztergom, une ville d’environ 30’000 habitants où se trouve le siège du primat
de l’Eglise hongroise, le cardinal Laszlo Paskai. Dans l’après-midi, Jean
Paul II a visité la cathédrale de la ville pour aller prier sur la tombe du
cardinal Mindszenty, dont la dépouille a été transférée de Mariazell (autriche) à Esztergom.
Le pape a ensuite célébré une messe en face de la cathédrale de la ville
d’Esztergom. Une messe placée sous le thème "La vocation sacerdotale et la
famille". En Hongrie, on compte actuellement 2442 prêtres diocésains, 810
religieux, et 2810 religieuses. En 1950, la majorité des Ordres fut supprimée par le régime communiste. Dans son homélie, le pape a mis l’accent sur
la nécessité de voir la Hongrie retrouver son unité, en affirmant bien connaître les difficultés affrontées par le peuple hongrois au cours de ces 40
dernières années.
"Il est tant, maintenant, a relevé Jean Paul II, de voir la charité
l’emporter sur ce qui reste de tensions, de réserves, de soupçons, et que
le lieu de la communion renforce la cohésion de toutes les composantes de
l’unique famille de Dieu".
Rencontre avec les autorités politiques
Après une croisière sur le Danube, le pape est à nouveau arrivé à Budapest pour rendre visite, le soir, aux personnalités politiques du pays,
dont le président hongrois Arpad Gömcz. Une rencontre suivie par un entretien avec le Premier ministre hongrois, Jozsef Antall, accompagné des membres de son gouvernement.
Enfin, dernier acte de la journée: une visite au parlement hongrois, où
le pape a adressé un salut au peuple. "Je remercie le Seigneur parce que
vous avez rejoint la vraie liberté et la vraie indépendance nationale, sans
effusion de sang". Mais, a-t-il ajouté, vous ne devez pas oublier que "la
liberté humaine vient de l’amour de Dieu", et qu’elle "ne peut se développer complètement sinon dans l’amour". (apic/jt/pr)