Budapest: Le parlement hongrois vote une (240190)
Budapest, 24janvier(APIC) Le parlement hongrois a adopté mercredi avec
une majorité de 81 % des voix la nouvelle législation sur la liberté de
conscience et la liberté religieuse, fixant également le statut juridique
des Eglises face à l’Etat. La nouvelle loi de tendance libérale considère
ces deux libertés comme des droits humains fondamentaux que le République
de Hongrie garantit à tous ses citoyens.
La nouvelle loi dispose que chaque citoyen est libre dans son choix religieux et ses convictions et que chacun peut exercer librement sa religion, personnellement ou en communauté. Tout le monde peut également répandre librement ses convictions religieuses ou autres opinions, et cela peut
se faire par le biais des mass-médias. Personne ne peut être entravé dans
l’exercice de sa religion, peut-on lire, mais personne n’est dispensé en
raison de sa religion de ses devoirs civiques envers l’Etat.
Les parents ont désormais le droit de décider de l’éducation éthique et
religieuse de leurs enfants. Les nouvelles dispositions autorisent également la vie religieuse dans les prisons, les institutions sociales et pour
la jeunesse. La pratique religieuse est cependant limitée à l’armée, où elle ne ne peut se développer que sur une base "privée", et dans le respect
de l’ordre militaire. De plus, l’Etat n’est pas autorisé à rassembler des
données sur l’appartenance religieuse des citoyens.
La loi consacre la séparation entre l’Eglise et l’Etat et applique l’égalité de traitement à l’égard des communautés religieuses reconnues par
l’Etat. Ce dernier ne pourra désormais plus s’immiscer dans les affaires
intérieures des Eglises, comme auparavant, notamment pour les nominations
épiscopales. Les Eglises peuvent aussi développer librement leurs activités
dans le domaine social, culturel ou de la santé, et créer des institutions
dans ce but. L’enseignement religieux sera aussi permis dans les écoles et
autres institutions d’éducation, mais ne sera pas obligatoire.
Les Eglises sont même autorisées à mettre sur pied des entreprises et
pourront recevoir des subventions de l’Etat pour leurs oeuvres sociales,
éducatives, caritatives ou autres considérées d’utilité publique. La loi
dispose expressément que l’Etat n’a pas le droit d’instituer des organes
pour diriger et surveiller les communautés religieuses. La violation de la
liberté religieuse sera punie par les tribunaux : "Celui qui limite par la
force ou la menace la liberté de conscience ou le libre exercice de la religion, commet un crime", affirme le texte de loi, et ce délit peut être
puni jusqu’à deux ans d’emprisonnement. Le projet de loi était présenté au
parlement par le ministre de la justice Kalman Kulcsar et plusieurs personnalités religieuses, comme le cardinal Laszlo Paskai, assistaient aux débats. (apic/kpr/be)