Budapest: Assemblée protestante européenne du 24 au 30 mars (140292)
Berne, 14 février(APIC) Quelque 200 délégués des Eglises protestantes de
toute l’Europe se réuniront du 24 au 30 mars à Budapest sur le thème de la
"Responsabilité chrétienne pour l’Europe". Après l’assemblée spéciale du
Synode des évêques sur l’Europe, qui s’est tenue à Rome du 28 novembre au
14 décembre dernier, c’est donc au tour des protestants de se pencher sur
le témoignage de leurs Eglises dans l’Europe de demain.
La réunion protestante européenne veut d’une part renforcer le témoignage chrétien commun en Europe, pour faire entendre la voix de Dieu à tous
les Européens afin qu’elle les aide face aux grands changements du continent. La réunion veut d’autre part contribuer à la préparation de la réunion plénière de la Conférence des Eglises européennes (KEK) qui se tiendra
en septembre prochain à Prague.
Une septantaine de personnalités représentant les Eglises protestantes
européennes réunies fin août à Bâle avaient lancé l’idée de cette "réunion
protestante européenne". Il s’agit de trouver une réponse protestante aux
problèmes de la sécularisation, du nationalisme et des minorités, de définir, grâce à un échange d’expériences entre les Eglises minoritaires d’Europe, la responsabilité chrétienne dans le contexte global européen. Le comité d’organisation comprend des représentants des Eglises réformée, luthérienne, baptiste, méthodiste et du Conseil oecuménique des Eglises (COE).
"Témoignage et service des Eglises protestantes dans l’Europe de demain"
"Témoignage et service des Eglises protestantes dans l’Europe de demain", tel est le thème de la conférence de Budapest. Le document de travail de 24 pages a été préparé par un groupe de 16 personnes, dont le théologien suisse Lukas Vischer.
En peu de temps, constate le document, la situation sociale et politique
de l’Europe a radicalement changé: la division de l’Europe en deux camps
est en passe d’être surmontée. Une grande espérance est née, mais aussi une
profonde crainte. Ce changement de cap appelle les Eglises à réfléchir,
mais elles seraient bien avisées de le faire en s’interrogeant sur la source d’où elles tirent leur vie. Une concentration sur l’Evangile leur permettra d’être au clair sur les entreprises dans lesquelles elles s’engagent.
Le document préparatoire, dans une partie concernant "les tâches de la
responsabilité protestante dans l’Europe à venir", refuse la nostalgie de
restauration de l’ancienne "Europe chrétienne", mais affirme que la construction de l’Europe future doit se faire sur les préalables aujourd’hui
valables d’une Europe plurielle dans ses conceptions de la vie. Il dit "un
oui décidé pour un ordre démocratique", se prononce "pour une économie de
marché socialement et écologiquement responsable" et souligne la mission
des Eglises en faveur de la paix, de la protection des droits de l’homme et
des minorités ethniques, de la protection des demandeurs d’asile et des immigrés exposés à la xénophobie et au racisme, sans oublier l’exigence de
l’égalité hommes/femmes.
Le document relève la nécessité de rechercher le dialogue avec le judaïsme et de lutter contre l’antisémitisme, tout en soulignant les droits
des Palestiniens. Les Eglises protestantes déclarent s’engager fermement
pour la protection de la vie - elles voient dans l’avortement et l’euthanasie une négation de la vie comme don de Dieu - ainsi que pour le respect de
la création de Dieu, mise en danger par le style de vie des nations industrielles. (apic/spp/com/be)