Bruxelles, 27novembre(APIC) C’est avec un "immense soulagement" que le
Comité contre le Colonialisme et l’Apartheid (CCCA) a appris à Bruxelles le
23 novembre que le président sud-africain Peter Botha venait de commuer les
peines de mort infligées aux "Six de Sharpeville" il y a trois ans.
Ces six militants noirs anti-apartheid, une femme et cinq hommes, âgés
de 24 à 32 ans, avaient été condamnés à la peine capitale le 13 décembre
1985 pour avoir lynché un élu local de même couleur. Leurs peines viennent
d’être commuées en années de détention (de 18 à 25 ans).
Le Comité bruxellois contre le Colonialisme et l’Apartheid fait remarquer qu’"il n’y a aucune preuve matérielle de la participation active des
six condamnés au lynchage du maire de Sharpeville le 3 septembre 1984. Seule la responsabilité collective a motivé leur condamnation, le seul témoin
s’étant rétracté par la suite".
Tout en regrettant le principe de la responsabilité collective, le CCCA
se réjouit de la "mesure de grâce" qui vient d’être prise. Il y voit "le
résultat de la pression internationale sur le régime arbitraire
sud-africain aux abois, acculé à donner des garanties à l’opinion
internationale, comme aussi à sa propre extrême-droite, ce qui explique
qu’à la grâce des "Six de Sharpeville" se soit ajoutée la grâce de quatre
policiers blancs condamnés à la pendaison pour le meurtre de trois Noirs".
"Le demi-succès obtenu n’est pas une raison pour relâcher nos efforts",
commente le CCCA, qui invite à signer de nouvelles pétitions pour réclamer
la grâce de 54 condamnés à mort pour "faits politiques". (apic/cip/cor)