Bruxelles, 29octobre(APIC/CIP) Plus de 400 chrétiens belges ont participé
samedi 24 octobre à la journée nationale "vincentienne" (de la Société de
Saint-Vincent de Paul) organisée à Bruxelles, pour dire oui au renouveau
actuel de la Société et pour explorer ensemble quelques grandes pistes permettant d’aller de l’avant.
pauvretés d’aujourd’hui, pauvretés de demain : quelles réponses vincentiennes ? Le thème de la journée était vaste. C’est en carrefours que les
participants ont échangé leurs expériences et leurs perspectives quant à la
lutte contre la pauvreté. Les organisateurs ont proposé quatre domaines de
discussion rejoignant les préoccupations majeures mises en évidence lors
d’une enquete préalable : le chomage, l’immigration, le Tiers-Monde et les
pauvretés de demain.
Elargir les approches des problèmes posés par la pauvreté et l’exclusion
sociale, trouver des moyens plus efficaces pour agir sur les causes de la
pauvreté et veiller encore mieux à la dignité des pauvres, rajeunir les
"conférences vieillissantes" par l’ouverture à la nouvelle génération et à
ses sensibilités propres, promouvoir la concertation avec d’autres groupes
et associations, approfondir la spécificité des réactions vincentiennes aux
problèmes de pauvreté : autant de pistes explorées par les divers carrefours. Les situations de vie concrètes étaient souvent au rendez-vous, remettant parfois en cause les approches d’hier, provoquant toujours les
réflexes acquis.
L’esprit du renouveau
Depuis deux ans, avec l’appui du Conseil national de la Société, un
grand mouvement de renouveau a été amorcé parmi les Vincentiens. Dans quel
esprit poursuivre ce renouveau ? La question a été abordée par le Père Pirsoul, qui affirme que "beaucoup reste à faire". Mais pour progresser il ne
s’agit pas d’évoluer à tout prix, fut-ce en sacrifiant l’essentiel du
passé. Il faut aller de l’analyse à l’action en passant par la formation et
la collaboration avec d’autres.
Ce renouveau est déjà à l’oeuvre. Six traits peuvent contribuer à son
esprit vincentien, devait conclure le Père Pirsoul : l’amour des pauvres
("Vos pauvres sont vos maitres !", disait saint Vincent), la disponibilité,
la recherche de solutions adaptées, la solidarité et la concertation, l’audace, le courage et la persévérance. "Ce que nous voulons pour les pauvres,
c’est une Société de Saint-Vincent de Paul forte, centralisée, adaptée aux
besoins et aux possibilités d’aujourd’hui".
Le président international de la Société, le Libanais Amin A. de Tarrazi, devait apporter son encouragement à ces perspectives, déclarant : "Dans
un monde de plus en plus difficile, avec des risques croissants de marginalisation, la Société de Saint-Vincent de Paul doit plus que jamais rendre
leur dignité à ceux et celles qui l’ont perdue".
Un enracinement évangélique
Cette journée de réflexion perpétuait la tradition vincentienne, mais
aussi évangélique, a affirmé Mgr Lanneau lors de l’Eucharistie finale. Il a
d’abord exprimé aux Vincentiens la gratitude et les encouragements de tout
l’épiscopat pour leur fidélité à "la tradition évangélique à travers SaintVincent et Frédéric Ozanam" (fondateur de la première conférence, à Paris
en 1833), pour leur capacité d’adaptation et leur volonté d’enraciner leur
rencontre des pauvres dans la recherche de Dieu.
Invitant les Vincentiens à demander à l’Esprit-Saint une sensibilité nouvelle aux pauvretés d’aujourd’hui, Mgr Lanneau en a souligné quelques
aspects : "les pauvretés actuelles demandent que nous partagions les taches
pour les rencontrer dans leurs diverses dimensions : caritatives, sociales,
culturelles, politiques. Ce qui doit rester plus spécifique à la Société de
Saint-Vincent de Paul, c’est son souci des personnes concrètes. Les Vincentiens doivent demeurer des relais. Et c’est dans la qualité de leur relation avec les pauvres qu’ils laisseront transparaitre l’Amour de Dieu".
(apic/cip/cor)