Bruxelles: rencontre de jeunes théologiens latino-américains (150792)
Bruxelles, 15juillet(APIC) Les étudiants en théologie latino-américains
en Europe entendent aussi apporter leur contribution à la préparation de
l’Assemblée de l’épiscopat latino-américain (CELAM), qui se tiendra cet automne à St-Domingue. Réunis durant quatre jours à Bruxelles, ils adressent
leurs réflexions aux évêques.
Le document souligne d’abord la nécessité d’envisager "une nouvelle
évangélisation à partir de l’espérance des pauvres". Cette espérance est
visible dans leur aspiration à la liberté, à la justice, mais aussi dans
leur capacité de résistance qui se manifeste dans la recherche quotidienne
d’une vie humaine décente. Comment ne pas y lire, à la lumière de la tradition ecclésiale, le lien entre la foi et la vie, l’action et la prière?
L’Eglise doit d’abord soutenir et relayer l’espérance des pauvres.
Les étudiants plaident ensuite pour "un visage indigène, noir et métis
de l’Eglise latino-américaine". L’Eglise, plus que jamais, doit prendre
conscience de la diversité des cultures pour évangéliser la vie quotidienne. Il s’agit "d’assumer les conditions économiques, sociales, symboliques,
religieuses et politiques, les espérances et les utopies propres de chaque
peuple".
Selon les jeunes théologiens, trois horizons sont à prendre en compte.
Sur le plan économique le fossé s’est dramatiquement élargi tant dans les
pays du Sud qu’entre le Sud et le Nord. Cette pauvreté engendre un grand
nombre de réfugiés économiques et crée dans chaque pays les migrations
internes des paysans et des indigènes. Troisièmement, l’opition
préfentielle pour les pauvres doit aussi englober les cultures opprimées:
celle des indiens, des afro-américains, des paysans rejeté à la périphérie
des villes.
Foi et changement social
A Bruxelles, Luis Ignacio Sierra, théologien colombien, a rendu compte
du Congrés international de Madrid qui a réuni 200 participants autour du
thème de la foi chrétienne et des changements sociaux en Amérique latine.
Le premier constat de Madrid est que le modèle socio-politique classique
est en crise en Amérique latine. le rôle de l’Etat, les modèles de développement et de changement social sont remis en question. L’Eglise se trouve
confrontée au défi de la modernité néo-libérale.
A Madrid, on a pu saisir aussi l’évolution de la théologie de la libération. La réflexion sur la libération en Jésus-Christ s’est notamment élargie à la conception de l’Eglise, de la création et de l’écologie. Cette
théologie de la libération s’est aussi enrichie d’une "théologie du martyre". L’amérique latine compte aujourd’hui de nombreux "Mgr Romero". C’est
sur le terrain, au milieu des pauvres que peuvent s’épanouïr conjointement
une véritable spiritualité chrétienne et la réflexion systématique qu’elle
appelle de la part du théologien. Il convient dans ce sens d’accorder la
plus grande attention aux expressions symboliques de la foi, surtout dans
le monde populaire. Au terme du congrès de Madrid, les participants ont
adressé une lettre de soutien à Leonardo Boff qui a décidé de quitter l’ordre franciscain et le sacerdoce.
De Medellin à St-Domingue
La prochaine Assemblée générale de l’épiscopat latino-américain aura
lieu à St-Domingue, le pape Jean Paul II devrait faire le déplacement pour
son ouverture. Le premier document préparatoire a été fortement critiqué,
car il ne tenait pas assez compte des options des réunions précédentes de
Medellin et de Puebla. La seconde version, présentée cet été, à tenu largement compte de ces remarques. Les théologiens attendent le déroulement des
travaux avec confiance. Mais tout dépendra de la dynamique même de l’assemblée des évêques. (apic/cip/mp)