Bruxelles: Mgr Jullien, archevêque de Rennes, (290393)
"Les familles sont au carrefour de la vie et de l’amour"
Bruxelles, 29mars(APIC) Mgr Jacques Jullien, archevêque de Rennes, a
plaidé dimanche à Bruxelles l’espérance pour les familles chrétiennes "au
carrefour de l’amour et de la vie". Il l’a fait au cours d’une rencontre de
prière organisée à la cathédrale St-Michel à l’initiative des évêques de
Belgique.
La rencontre, présidée par le cardinal Godfried Danneels, archevêque de
Malines-Bruxelles, a permis à plus de 300 participants de réfléchir sur les
joies et les blessures du couple d’aujourd’hui.
"Il a changé l’eau en vin et il a tout rendu meilleur". C’est en ces
termes, a rappelé l’archevêque de Rennes, que saint Grégoire de Naziance,
qui avait été marié et fut évêque de Constantinople de 379 à 381, résumait
l’épisode évangélique des noces de Cana. C’est aussi sous cet angle que Mgr
Jullien a proposé à l’assemblée réunie à la cathédrale St-Michel d’envisager l’espérance chrétienne dans les couples contemporains. Il faut donc réaffirmer que le couple humain, dans la perspective chrétienne, est invité à
être révélateur de l’Alliance de Dieu avec son peuple dans la profondeur de
l’histoire.
De la sexualité à la famille, le chemin n’est pas évident à parcourir,
montre l’archevêque de Rennes. La sexualité est ambiguë et anarchique. Son
accomplissement dans l’amour, puis dans le mariage et la famille, n’est pas
qu’une affaire de "comportement", mais de "conduite", selon la distinction
du philosophe français Michel Serres. Tout comme l’amour humain ne peut
grandir ni s’exprimer sans la parole, il a besoin de reconnaissance sociale
pour exister. L’enfant est alors "témoin de l’amour, de la réussite de la
création et artisan d’une histoire qui continue".
"Ils n’ont plus de vin"
Si les noces de Cana symbolisent la plus belle des alliances, Mgr Jullien rappelle aussi le mot de la mère de Jésus: "Ils n’ont plus de vin". Il
aborde alors les conflits conjugaux et les difficultés d’éduquer
des enfants qui sont à la fois "preuve et épreuve" pour les parents. Mais
surtout il s’interroge sur les blessures de l’amour et de la vie: la sexualité dissociée de l’amour, le divorce, le couple envisagé en dehors du mariage, et même la fécondité déconnectée expérimentalement de l’amour. N’y
a-t-il, demande-t-il, des "désintégrations en chaîne"?
L’archevêque de Rennes ne méconnaît pas pour autant les réussites humaines. Mais tous les espoirs sont-ils permis pour l’amour et la vie? Non,
s’ils ne reposent que sur les efforts humains. Oui, s’ils puisent "au vin
de l’amour et de la vie", l’alliance nouvelle que Dieu a conclue pour toujours avec les hommes dans le Christ. Vécus dans l’Esprit de Dieu, l’amour
humain et la vie humaine sont transfigurés et deviennent signes du Royaume
de Dieu. Optimisme? Non, espérance!, répond Mgr Jullien: "L’espérance n’empêche pas la multiplication des peines, mais ose miser sur Dieu pour réaliser l’impossible". (apic/cip/ba)