la révision du procès d’ "Ivan le Terrible"
Sa culpabilité n’est pas prouvée, affirment-ils
Bruxelles, 21avril(APIC/CIP) Le Conseil général des organisations ukrainiennes en Belgique, s’exprimant au nom de la communauté ukrainienne, a
fait part au gouvernement d’Israël de ses sentiments à l’égard des conclusions du tribunal de Jérusalem quant à la culpabilité d’Ivan Demianjuk,
identifié comme "Ivan Grozny", le bourreau de Treblinka surnommé "Ivan le
Terrible".
Dans la lettre signée par le président P. Zelenyj et le secrétaire O.
Kowal, ancien prisonnier politique d’Auschwitz, il est affirmé que le tribunal a été partial et que ses conslusions ont été fondées sur de faux
témoignages. Parmi ceux-ci, figure celui d’Eliahu Rosenberg, qui prétend
reconnaître "Ivan Grozny" dans les traits d’Ivan Demianjuk. Or, font remarquer les Ukrainiens de Belgique, ce même témoin avait déjà déposé une
déclaration formelle il y a 42 ans (le 20 décembre 1945 en Pologne), stipulant qu’il avait assisté à la mort d’Ivan Grozny au cours d’une révolte à
Treblinka en 1943.
Les nombreux témoignages confirmant la mort d’Ivan Grozny ont été rejetés par le tribunal, alors que celui d’Eliahu Rosenberg a été retenu,
malgré sa déposition en sens contraire de 1945, font remarquer les Ukrainiens de Belgique.
"Ivan Demianjuk est donc passible de la peine de mort ou de la réclusion
à perpétuité", affirme la lettre. "Nous craignons fort qu’il ne s’agisse
d’une grave erreur judiciaire qui pourrait avoir des répercussions néfastes
sur les rapports futurs entre nos peuples. Veuillez noter que nous ne sommes pas contre la condamnation des criminels, même après 45 ans, mais nous
n’avons pas la conviction qu’Ivan Demianjuk est le criminel responsable du
massacre des 800.000 juifs torturés ou gazés à Treblinka. Notre communauté
ressent ce procès comme une vengeance du tribunal juif envers le peuple
ukrainien pour les "pogroms" qui lui sont imputés et dont il n’est pas responsable."
Par conséquent, le Conseil général des organisations ukrainiennes en
Belgique demande la révision du procès par la Cour suprême d’Israël pour
éliminer toute erreur et le doute. "Tant qu’un doute, si léger soit-il,
subsiste quant à l’identité ou la culpabilité d’une personne - dit la
lettre, - il est indigne pour un pays se réclamant de la justice et du
droit, de la proclamer coupable." Et d’ajouter : "L’affaire Dreyfus l’a
prouvé." Allusion au capitaine juif français soupconné à tort d’espionnage
à la fin du siècle dernier. (apic/bo/be)