Bruxelles, 29octobre(APIC/CIP) Plus de 250 personnes ont participé samedi
24 octobre à la fete organisée au Centre culturel d’Auderghem par le Mouvement pour le Couple et la Famille à l’occasion des 50 ans des "Feuilles Familiales". L’après-midi a débuté par une minute de silence à la mémoire de
l’abbé Jacques Valléry, pretre du diocèse de Tournai et retrouvé mort quelques jours auparavant en plein désert du Sahara, alors qu’il faisait partie
avec trois autres compagnons d’une expédition humanitaire vers le Burkina
Faso.
Tandis que des activités d’animation étaient organisées spécialement
pour les enfants, les adultes se sont vu proposer une table ronde sur
l’évolution de la famille, du couple, des "Feuilles Familiales" et du mouvement qui s’y rattache. Animée par Pierre-Philippe Druet, professeur aux
Facultés Notre-Dame de la Paix à Namur, cette table ronde a permis d’entendre des exposés concis et substantiels.
La famille au coeur des changements
Pierre Delooz, sociologue, a évoqué les bouleversements que l’évolution
des cinquante dernières années a provoqués dans le domaine familial. A bien
des égards, il faut parler de changements bénéfiques pour les familles : la
mortalité a reculé, le niveau de vie a augmenté considérablement et le
poids des travaux ménagers s’est allégé.
La doctrine catholique elle-meme a fait "un grand bond en avant" au
cours des cinquante dernières années. Il suffit, dit Pierre Delooz, de comparer l’exhortation apostolique "Familiaris Consortio" que Jean-Paul II a
publiée en 1981 après le Synode des éveques sur la famille, et l’encyclique
"Casti Connubii" que Pie XI avait consacrée en 1930 au mariage chrétien.
Toutefois les changements se sont accompagnés de difficultés et meme
d’échecs : en effet, le nombre d’avortements et de divorces reste élevé.
Les "Feuilles Familiales" : un lieu de recherche
Marie-Françoise Falisse, responsable des "Feuilles Familiales" et de
publications annexes de 1945 à 1975, a rappelé que la revue, pas plus que
le mouvement, n’avait pour but de propager l’inspiration des "gens qui savent" et veulent "faire passer un message", mais de favoriser la recherche
inventive dans les équipes de couples. Elle a aussi remercié les pretres
qui au début ont pris le "risque" de s’associer à cette démarche qui leur
demande un certain courage pour se mettre à l’écoute des laics et de leurs
questions. Elle a ajouté : "Nous qui voulions relier tous les aspects de la
vie à notre foi chrétienne et jouer notre role de laics dans le monde et
dans l’Eglise, nous avons beaucoup souffert de l’Eglise et de sa méfiance à
notre égard".
Trois étapes historiques
Historien et journaliste, Philippe Denis a présenté ensuite les grandes
étapes parcourues par la revue au cours de son histoire. Dans un premier
temps, la revue était essentiellement destinée aux anciens de la Jeunesse
Ouvrière Chrétienne. Elle traitait de la vie familiale, de l’amour conjugal
et de l’éducation des enfants, mais grace à des textes trouvés ailleurs :
la revue s’interdisait de développer une pensée propre.
Une deuxième étape démarre en 1945. La revue abandonne la sécurité que
procurent les textes d’auteurs et se lance dans une production propre, à
partir des questions qui se posent dans la vie des familles. Peu à peu, le
nombre des abonnés augmente et les services se diversifient. En 1952 naissent les "Notes de pastorale" destinées aux pretres et aux religieuses,
afin de les sensibiliser aux problèmes des couples et des parents. La revue
"Demain", pour les grands adolescents, est éditée entre 1954 et 1969. Le
mouvement est aussi promoteur de services tels que les consultations conjugales et la préparation au mariage chrétien, qui deviendront par la suite
autonomes.
1975 marque le début de la troisième période, de dix ans, avec la parution des "nouvelles Feuilles Familiales". Celles-ci, trimestrielles, ont
pris depuis l’an dernier, un double visage : d’une part, un cahier-livre
sur un sujet particulier, d’autre part un cahier d’informations plus proches de la vie quotidienne.
Selon Philippe Denis, deux grandes caractéristiques ont marqué les
"Feuilles Familiales" depuis leur création la méthode inductive (on part de
la vie pour réfléchir), et la rédaction par les lecteurs.
Le mouvement aujourd’hui
Le Mouvement pour le couple et la Famille a quatre options : la primauté
de l’amour tel que l’Evangile le présente, avec un privilège accordé à la
solidarité sur la compétitivité et l’élitisme; l’importance du vécu concret; l’autonomie à l’égard des grandes structures, formes de parti et
idéologies politiques, le désir de servir les personnes concrètes en leur
proposant, dans un esprit de tolérance, des outils d’analyse pouvant contribuer à leur propre libération. (apic/cip/cor)