Bruxelles: le président de l’UCIP à l’Institut Robert Schumann (300692)
Bruxelles, 30juin(APIC) "Le journaliste catholique doit exercer sa mission dans une attitude de liberté et de fidélité, en étant indépendant de
tout pouvoir, et en restant fidèle et loyal envers les valeurs auxquelles
il adhère, tant à l’égard de son public, qu’à celui de l’Eglise catholique." C’est le message qu’a laissé Jean Marie Brunot, président de l’Union
Catholique Internationale de la Presse (UCIP), aux 21 étudiants de l’Institut de journalisme Robert Schumann à Bruxelles, à l’occasion de la clôture
de l’année académique.
Dans son intervention, Jean-Marie Brunot a prôné la liberté du journaliste: le professionnel de la communucation doit être davantage au service
des lecteurs qu’à la disposition des patrons de presse. Le journaliste, at-il indiqué, n’est ni un porte-parole, ni un simple communicateur, ni un
"militant". Il doit être libre d’exercer sa curiosité. "Cela ne veut pas
dire, a poursuivi le président de l’UCIP, que l’on va systématiquement braquer le projecteur dans les coins noirs de l’Eglise, mais l’on ne s’interdira pas de le faire si l’on a la conviction qu’il s’y passe des choses importantes et significatives."
Déontologie et devoirs fondamentaux
Outre les entraves à la liberté dues aux régimes politiques totalitaires, ou aux lois de la société de consommation, Jean Marie Brunot, qui est
aussi directeur délégué du groupe "Bayard Presse" à Paris, a évoqué la
pression que peut subir un journal catholique de la part des autorités religieuses. Et ce, a-t-il soutenu, afin d’ "infléchir les prises de position
de certains journalistes et journaux". Cela, disent-elles, au nom de la foi
et des moeurs, pour "limiter, voire empêcher la propagation de thèses
qu’elles jugent dangereuses, comme l’a fait recemment le texte publié par
la Congrégation pour la Doctrine de la Foi."(Instruction sur certains
aspects de l’utilisation des instruments de communication sociale dans la
promotion de la doctrine de la foi). Pour le président de l’UCIP, les journalistes n’ont pas à se situer par rapport au pouvoir: ni pour, ni contre à
priori.
Abordant le thème de la déontologie, le conférencier a insisté sur les
fidélités profanes. Il les a résumées en six points: indépendance, respect
de l’interlocuteur, honnêteté, précision et exactitude, responsabilité et,
enfin, le refus de "tout ce qui peut choquer les lecteurs ou flatter leurs
tendances malsaines".
Les devoirs fondamentaux du journaliste, selon Jean Marie Brunot, sont
essentiellement le respect des faits, le respect du public, le respect de
ceux dont on parle.
Le journaliste catholique doit être sensible aux valeurs de l’Evangile
Pour ce qui est de la situation du journaliste catholique, "il sera encore plus sensible lorsqu’il va s’agir des valeurs essentielles qui sont
celles de l’Evangile. Il devra, dans sa mission de veilleur, interpréter
avec sagesse les situations nuancées et complexes inscrites dans le monde
moderne, pour dénoncer avec vigueur les atteintes aux valeurs, telles que
la défense des plus pauvres, le respect de la vie sous toutes ses formes,
la justice et la paix."
La dernière partie de l’exposé a porté sur les relations entre les journalistes et l’Eglise. "Aujourd’hui, a remarqué le président de l’UCIP, il
s’agit d’une part, de légitimer la liberté d’expression et de pensée", et
de "promouvoir le dialogue interne", et, d’autre part, de subordonner les
débats "au sens de la foi soutenue par l’Esprit de vérité" et de la fidélité de l’enseignement de l’Eglise. "Mais la dernière Instruction de la
Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dit Jean-Marie Brunot, propose une
formulation bien restrictive et plutôt maladroite, au moins dans la forme,
des conditions d’exercice de la liberté d’expression dans l’Eglise".
Pour Jean Marie Brunot, "faire écho aux diverses opinions dans le peuple
chrétien est une façon normale d’informer aujourd’hui, en tenant compte du
sens de l’Eglise. C’est un engagement personnel du journaliste dans son domaine propre." (apic/cip/ad)