Bruxelles: le Père Kolvenbach évoque la mission des jésuites (070591)
Bruxelles, 7mai(APIC) 450 ans après la fondation de la Compagnie de Jésus
par saint Ignace de Loyola, et 500 après la naissance du fondateur, le Supérieur général des Jésuites, Le Père-Peter Hans Kolvenbach était, le 3 mai
dernier à Bruxelles, l’invité de la Fédération des Anciens et Anciennes
élèves des jésuites de Belgique. Devant une assemblée de quelque 600 personnes, le Supérieur général a longuement parlé de la vocation de la Compagnie de Jésus et de sa mission aujourd’hui.
Dans le cadre d’une année commémorative, le Supérieur général des jésuites pouvait difficilement passer sous silence les grands moments de l’histoire de la Compagnie. Outre les moments qui ont suivi sa fondation, puis
la suppression de l’Ordre en 1773, son rétablissement par le pape Pie VII
en 1814, le Père Kolvenbach a passé en revue de nombreux domaines que les
jésuites des siècles précédents ont marqué d’une influence essentielle pour
la vitalité de l’Eglise.
Le Père Kolvenbach a relevé ensuite la contribution des jésuites et des
chrétiens formés par eux au "renouveau spirituel de ce siècle", ou au renouveau ecclésial dont l’élan a également porté la Compagnie.
Un rapide regard sur le monde actuel a permis au Supérieur général
d’épingler quelques tensions majeures auxquelles il conviendrait, comme Ignace de Loyola en a lui même montré la voie, de "faire front par amour de
Dieu, de l’homme et de l’Eglise": l’éveil des nationalités; le fragile
équilibre des forces, du désarmement, de la concertation, du recours à la
règle du droit; "de nouvelles fractures qui trahissent des inégalités ouvertes ou larvées entre riches et pauvres, entre Nord et Sud, entre factions raciales, nationales, religieuses ou de laissés pour compte", et, par
conséquent, "un immense appel à la justice, à la reconnaissance et à la solidarité".
De l’héritage aux nouveaux appels
Pour répondre aux nouveaux appels que les jésuites perçoivent aujourd’hui, de nouveaux modes d’action s’imposent, a poursuivi le Père Kolvenbach. Il en a énuméré quelques-uns: "Avec l’ouverture à l’Est: l’assistance des Eglises et des communautés sorties du silence et de l’ombre;
avec les déplacements de population, les expulsions, les migrations: l’accueil des réfugiés et des immigrés; avec les injustices de toutes sortes
dans nos sociétés duales: l’aide aux pauvres, aux démunis, aux persécutés;
avec le réveil ou le brassage des cultures: le souci de l’inculturation;
avec les solidarités nouvelles (politiques, économiques, religieuses):
l’internationalisation de nos actions; avec l’ampleur du phénomène de
l’athéisme théorique ou pratique ou de l’indifférence religieuse: de nouvelles approches du monde sécularisé; avec les applications de la recherche
scientifique et bioéthique: l’approfondissement de la conscience morale;
avec la nouvelle évangélisation et les nouveaux mouvements religieux: une
réflexion et un accompagnement plus assidu; avec le réveil des religions:
un dialogue urgent, incessant, ouvert; avec la diminution du clergé diocésain et des religieux notamment dans le vieux monde: des appels à la rescousse".
Option pour les pauvres
Avant de prendre congé de ses hôtes, le Père Kolvenbach est revenu sur
le problème de la justice, en insistant sur "l’option préférentielle pour
les pauvres" en tant que "perspective née de la foi". "Il ne s’agit pas,
a-t-il expliqué, de faire ici du romantisme à propos de la pauvreté. La
pauvreté est un mal que Dieu déteste. Et bien qu’il soit correct de dire
que même les riches sont souvent pauvres à quelque point de vue, néanmoins
notre option préférentielle nous range carrément et de manière non-équivoque du côté de ceux qui n’ont pas encore reçu le pouvoir suffisant pour assumer dans la société la place à laquelle ils ont droit".
Pour le Supérieur général, "communiquer un souci des personnes sans privilèges, en conduisant ainsi à une compréhension affective et globale des
institutions économiques, sociales, politiques et culturelles, doit être le
signe distinctif de l’éducation jésuite à notre époque". (apic/cip/pr)