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    Bruxelles : le jésuite chilien José Aldunate Lyon (180488)

    premier lauréat du prix "O.N.G. 2001

    Bruxelles, 18 avril 1988 (APIC/CIP) Le Père jésuite chilien José Aldunato

    Lyon, 70 ans, s’est vu attribuer lundi à Bruxelles le prix "O.N.G. 2001",

    décerné pour la première fois par une centaine d’Organisations non

    gouvernementales pour le développement.

    Ce prix a été remis au cours de l’Assemblée générale annuelle des O.N.G.

    de développement, et en présence du commissaire européen Claude Cheysson,

    chargé des relations Nord-Sud, de représentants du Parlement européen et du

    Conseil de l’Europe. Pour la circonstance, le comité de liaison des O.N.G.

    avait également invité l’archevêque anglican du Cap, Mgr Desmond Tutu, prix

    Nobel de la Paix.

    Un homme et un mouvement contre la torture

    Le Père José Aldunate a été récompensé pour l’action pacifique mais

    décisive qu’il mène au Chili en faveur des droits de l’homme, particulièrement bafoués depuis le coup d’Etat de septembre 1983, qui a installé le

    général Pinochet à la tête de la junte militaire. Le Père Aldunate a d’ailleurs été victime , à quatre reprises, des arrestations décidées par le

    régime à l’encontre de ceux qui militent en faveur des droits de l’homme,

    et qui peuvent quelquefois conduire à de graves atteintes à l’intégrité

    physique, voire à la vie des personnes emprisonnées.

    A travers le religieux jésuite, les organisations européennes pour le

    développement ont aussi tenu à manifester leur appui à une organisation qui

    milite de manière pacifique, depuis le 14 septembre 1983, contre la

    pratique de la torture au Chili. Le Père José Aldunate est, en effet, un

    des cofondateurs du mouvement Sebastian Acevedo, du nom d’un de ses

    militants, un ouvrier qui s’est immolé en novembre 1983 pour que les

    services secrets chiliens lui rendent ses deux enfants.

    Depuis la création du mouvement Sebastian Acevedo à Santiago du Chili,

    il compte aujourd’hui plusieurs centaines de membres actifs et dispose d’un

    large soutien de la population, spécialement dans les grands centres du

    pays. En moins de cinq ans, une centaine d’actions retentissantes et

    toujours pacifiques ont été menées par ce mouvement, dont un des cris les

    plus poignants a été maintes fois répété : "Au Chili, on torture et la

    justice se tait".

    Un prix pour promouvoir les droits de l’homme

    Né le 5 juin 1917 dans la capitale chilienne, le Père José Aldunate est

    entré chez les jésuites en 1933. Après des études de philosophie et de

    théologie, qui le mèneront en Argentine, à Rome, mais aussi à l’Université

    catholique de Louvain, il est appelé à enseigner la théologie morale en

    1951 à l’Université pontificale de Santiago du Chili, enseignement auquel

    il ne renoncera qu’en 1983.

    Durant cette période, le Père Aldunate exerce bien d’autres

    responsabilités. Il est notamment mêlé à la fondation de la revue

    "Mensaje", lancée par les jésuites chiliens et qui joue un rôle important

    dans la conscience critique des intellectuels chiliens depuis l’avènement

    de la dictature.

    Depuis une quinzaine d’années, le Père Aldunate - ancien supérieur

    provincial des jésuites chiliens (1963-68) puis prêtre ouvrier - s’est

    encore engagé davantage dans la vie de différents quartiers populaires de

    Santiago, sans jamais négliger de participer à des rencontres

    internationales visant à étendre le combat pacifique en faveur des droits

    de l’homme.

    Le prix "O.N.G. 2001", dont le montant peut varier, a été créé en 1987 .

    Il doit permettre au lauréat de couvrir ses frais de voyage et de séjour

    dans un pays du tiers-monde pour y mener une enquête sur la situation

    sociale et l’évolution des droits de l’homme.

    En créant un tel prix, les Organisations non gouvernementales des douze

    pays de la Communauté européenne ont donc voulu "distinguer une initiative

    remarquable dans le domaine des relations Nord-Sud", ainsi que montrer ce

    qu’elles considèrent comme "effort appréciable dans le domaine de la

    coopération Nord-Sud". (apic/cip/ym)

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