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    Le cardinal Decourtray, le rabbin Sirat

    Bruxelles: le christianisme, l’islam et le judaisme en dialogue (080293)

    et l’iman Boubaker réaffirment leur "oui à la tolérance".

    Bruxelles, 8février(APIC) Le Grand rabbin René Sirat, président de la

    Fondation du judaïsme français, le Dr Dalil Boubaker, recteur de l’Institut

    musulman de la Mosquée de Paris et le cardinal Albert Decourtray, archevêque de Lyon, réunis à Bruxelles, ont réaffirmé leur "oui à la tolérance",

    thème commun de leurs interventions, dans une rencontre placée sous le patronage du Consistoire central israélite de Belgique.

    Il y a 500 ans, les Juifs étaient chassés d’Espagne. En Belgique, les

    descendants des victimes de cet exode tragique constituent la communauté

    sépharade. Celle-ci a organisé cette rencontre au terme d’une année de commémoration de l’expulsion des Juifs d’Espagne au temps de l’Inquisition. Le

    professeur Georges Schnek, président du Consistoire central israélite à

    Bruxelles, s’est réjoui de cette initiative due au Comité Sépharade 92, dirigé par Moïse Rahmani, avec la collaboration de la Maison de la Culture

    juive.

    "Devoir d’intolérance"

    Parler de la tolérance, c’est aborder un sujet d’une actualité brûlante,

    alors que renaît la bête immonde du nazisme", a noté le cardinal Decourtray

    en entamant sa conférence. L’archevêque de Lyon, un des signataires des accords conclus entre juifs et chrétiens en vue du transfert du Carmel installé sur le site d’Auschwitz, ne veut pas plaider pour la tolérance sans

    d’abord parler "du devoir d’intolérance": "Un non absolu au racisme et à

    l’antisémitisme!"

    Le cardinal Decourtray n’ignore pas que les causes de l’antisémitisme

    sont diverses et parfois difficiles à cerner. "On doit poursuivre, voire

    même accélérer l’étude du phénomène", demande-t-il. Mais des jalons sont

    repérables. L’archevêque cite d’abord le regard porté par les chrétiens sur

    Paul de Tarse, dont ils ont trop vite fait un missionnaire "converti" contre ses frères juifs, oubliant ainsi que "les dons de Dieu sont irrévocables", Il y eut aussi, parmi les écrits des Pères de l’Eglise "certains tectes inacceptables". De nombreux malentendus se sont prolongés jusqu’à

    l’époque moderne, où ils ont été exploités, comme dans le pamphlet antisémite connu sous le nom de "Protocole des Sages de Sion". Quant à la "shoah"

    ou "extermination" dont Auschwitz est resté le symbole, elle est "indicible", dit le cardinal.

    L’exemple andalou

    Le Dr Dalil Boubakeur s’emploie, quant à lui, à éclairer la tolérance

    musulmane dans ses principes et dans sa mise en oeuvre, telle qu’en témoigne l’histoire de l’Andalousie. Cette région au sud de l’Espagne, rappellet-il, a été un important foyer de civilisation arabe. L’islam a ainsi véhiculé d’importantes valeurs humaines et religieuses tout en favorisant une

    riche vie culturelle. En Andalousie, le climat de tolérance et d’ouverture

    a permis aux juifs et aux chrétiens de promouvoir leur religion aux côtés

    des musulmans et à contribué à la pérennité de la pensée occidentale que

    des penseurs arabes ont étudié et relayée.

    Pour le recteur de l’Institut musulman de Paris, ce long exemple historique ne s’explique pas sans l’inspiration islamique. Et Dahil Boubaker de

    citer le Coran: "Dieu n’aime pas les oppresseurs...Point de contrainte en

    religion...Ne discutez avec les gens du Livre qu’avec la plus grande courtoisie..."

    Une chance pour l’Europe

    Le rabbin René Sirat cite la Bible pour situer la tolérance d’un point

    de vue juif. Et d’ajouter: "La chance de l’Europe est d’être traversée par

    des héritages différents, des courants pluralistes et des religions différentes. Il n’y a pas d’héritage parfait. Tous les héritages sont à revivifier. Une pédagogie est nécessaire pour les faire mieux connaître, car

    "l’ignorance est une des causes de la xénophobie". Pour la tradition juive,

    ajoute encore René Sirat, "le monde repose sur trois bases: la justice, la

    vérité et la paix". Et la paix-Shalom est aussi le nom de Dieu".

    La médaille sépharade

    Concluant la soirée, Moïse Rahmani, président du Comité Sépharade 92, a

    proposé cette devinette à l’assemblée: "Savez-vous pourquoi les commandements de Dieu ont-ils été révélés dans le désert?". La réponse est un clin

    d’oeil à la tolérance: "Parce que le désert n’appartient à personne"!. Les

    trois conférenciers se sont vus remettre la médaille sépharade qui porte en

    exergue ce verset du psaume: "Je ne mourrai pas, mais je vivrai". (apiccip/ba)

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