Bruxelles: le cardinal Danneels écrit au premier ministre belge (160293)
Bruxelles, 16février(APIC) Le cardinal Godfried Danneels, président de
Pax Christi international, vient de faire parvenir une lettre au Premier
ministre belge pour suggérer diverses mesures en faveur des réfugiés de
l’ex-yougoslavie. Il demande en outre aux gouvernements des pays membres de
la Communauté Européenne de prendre trois mesures. Les pays d’Europe qui se
montreraient disposés à accueillir des réfugiés craignent aussi une invasion. Pourtant, écrit le cardinal, des pays comme l’Allemagne, l’Autriche,
la Suède et la Suisse ont accepté de nombreux réfugiés.
Afin de sortir de l’impasse, Pax Christi demande aux gouvernements membres de la CE de prendre trois mesures. L’établissement de zones de sécurité, tout d’abord, comme cela avait été fait au profit des Kurdes sur mandat
des Nations Unies, pourrait donner une protection concrète aux personnes
qui sont maintenant à la dérive et cherchent une région où vivre en sécurité. "L’exemple irakien montre que ces zones ne peuvent être établies sans
un consensus international et sans une forme de contrôle de l’ONU ou d’une
autre organisation internationale".
Concernant le contingentement des réfugiés, le cardinal Danneels juge
"inévitable" un effort commun des pays d’Europe occidentale pour accueillir
le flux des réfugiés actuellement concentrés sur la Croatie, l’Autriche et
l’Allemagne. Il faut savoir que cela s’est fait dans le passé pour les réfugiés de Hongrie (1956), de Tchécoslovaquie (1968-1969) et du Chili après
la chute d’Allende. Le Traité de Maastricht prévoit d’ailleurs la possibilité d’une politique d’asile commune. Pax Christi international propose de
tenir compte, pour établir le contingentement, du nombre d’habitants des
pays d’accueil et des réfugiés yougoslaves qui y sont déjà admis, ainsi que
du revenu national par habitant. Le cardinal Danneels avertit: "Si les gouvernements des pays occidentaux n’acceptent pas cette proposition, il est à
craindre que tous les pays décident de refuser les réfugiés, de peur d’être
chacun seul à s’ouvrir à ces personnes en détresse. Ce serait la trahison
des idéaux proclamés à Maastricht".
Il y a enfin le problème de registrement des crimes de guerre. "Malheureusement, il est évident que pour le moment sont perpétrés en Yougoslavie
des crimes de guerre qui, selon plusieurs traités internationaux, sont punissables. Il est très important pour l’avenir que ces crimes ne pasent pas
inaperçu. A cete fin, les réfugiés admis et à admettre devraient être interrogés (...) afin de créer un système d’enregistrement international pour
ces crimes de guerre et leurs auteurs en ex-Yougoslavie. Il est possible
que l’établissement et la publication d’un tel système ait un effet préventif sur la Yougolsavie actuelle et sur d’autres régions dans le monde où,
sous le manteau de la guerre civile, sont perpétrés des crimes de guerre".
(apic/cip/pr)